L’Estonie a affirmé dimanche que la Russie avait arraisonné un pétrolier battant pavillon libérien après son départ du port estonien de Sillamae, en mer Baltique, attisant les tensions déjà vives dans la région. Le ministère estonien des Affaires étrangères a dénoncé un comportement « imprévisible » de Moscou et déclaré avoir informé les alliés de l’OTAN.
Le pétrolier, nommé Green Admire et opéré par la société grecque Aegean Ship Management, avait appareillé samedi à 18h40 GMT avec une cargaison de pétrole de schiste estonien à destination de Rotterdam. Selon les autorités estoniennes, il naviguait via un canal maritime désigné traversant les eaux territoriales russes, conformément à un accord entre l’Estonie, la Finlande et la Russie, censé éviter les hauts-fonds estoniens.
Cependant, d’après Tallinn, le navire a été intercepté par les garde-côtes russes et contraint de mouiller près de l’île russe de Hogland. Les autorités russes n’ont pas immédiatement réagi, mais un responsable grec a précisé que le navire avait changé de cap pour éviter des hauts-fonds, ce qui aurait entraîné son interception. Selon ce même responsable, les Russes l’auraient déplacé vers une zone jugée « sûre » afin de lui infliger une amende.
Le chef de la diplomatie estonienne, Margus Tsahkna, a vivement critiqué cette intervention, soulignant que « la Russie continue de se comporter de manière imprévisible » dans un contexte où la sécurité en mer Baltique est déjà fragilisée par une série de sabotages présumés de câbles sous-marins et d’infrastructures énergétiques depuis le début de la guerre en Ukraine.
Face à cet incident, l’administration estonienne des transports a annoncé que les futurs navires entrant ou sortant du port de Sillamae seraient désormais guidés exclusivement à travers les eaux territoriales estoniennes, afin d’éviter les eaux russes.
Du côté grec, les autorités ont précisé que la situation était suivie de près mais qu’aucune intervention officielle n’était envisageable, le navire ne battant pas pavillon grec. L’OTAN, également alertée, n’a pas encore commenté l’affaire.
Cet incident intervient une semaine après que l’Estonie a rapporté une tentative d’interception d’un pétrolier se dirigeant vers la Russie, au cours de laquelle un avion de chasse russe aurait brièvement violé l’espace aérien baltique. Alors que l’ombre de la guerre en Ukraine continue de planer sur la région, cet épisode ravive les inquiétudes concernant la liberté de navigation et la sécurité maritime en mer Baltique.