DUBAI – Les négociateurs iraniens et américains ont achevé dimanche à Mascate, capitale du sultanat d’Oman, un quatrième cycle de discussions visant à résoudre le différend de longue date autour du programme nucléaire iranien. Si les deux parties se disent ouvertes à une solution diplomatique, elles restent profondément divisées sur des points jugés non négociables par l’un comme par l’autre.
Les pourparlers, menés par le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araqchi et l’envoyé spécial américain Steve Witkoff, ont été facilités par des médiateurs omanais. Les discussions ont duré plus de trois heures et, selon les deux délégations, se sont déroulées dans un climat plus direct et constructif qu’auparavant. « Nous nous comprenons mieux désormais », a affirmé Araqchi à la télévision publique iranienne, tout en réaffirmant que l’enrichissement d’uranium sur le sol iranien restait une ligne rouge.
Côté américain, la position est tout aussi ferme. Witkoff a récemment déclaré que la ligne rouge des États-Unis était l’arrêt total de l’enrichissement et le démantèlement des sites nucléaires de Natanz, Fordow et Ispahan. Un haut responsable américain a néanmoins déclaré à Reuters que les négociations de dimanche avaient été « encourageantes » et qu’un nouveau cycle aurait lieu après consultation des capitales.
Le ministre des Affaires étrangères omanais, Badr Albusaidi, a salué la teneur des échanges, évoquant des « idées utiles et originales ». Il a confirmé que les deux parties avaient convenu de poursuivre les discussions à une date ultérieure.
Ces pourparlers interviennent à la veille d’un déplacement sensible du président Donald Trump au Moyen-Orient, où il a récemment relancé une stratégie de pression maximale sur Téhéran. Trump a averti qu’un échec diplomatique pourrait mener à une action militaire, et insiste sur des garanties strictes pour tout nouvel accord.
L’Iran, de son côté, exclut toute négociation sur son programme de missiles balistiques et exige des garanties solides pour éviter une répétition du retrait américain de l’accord de 2015. Depuis la sortie des États-Unis de ce pacte sous le premier mandat de Trump, Téhéran a accru son enrichissement d’uranium jusqu’à 60 %, frôlant le seuil de 90 % requis pour un usage militaire, selon l’AIEA.
L’avenir des discussions reste incertain, tant les désaccords restent profonds. Mais le ton plus direct et les signaux de bonne volonté réciproques laissent entrevoir, selon plusieurs observateurs, une possible avancée diplomatique.