POLITIQUE International

Des débuts prometteurs pour le pape Léon XIV dans les relations judéo-catholiques

Des débuts prometteurs pour le pape Léon XIV dans les relations judéo-catholiques
Des débuts prometteurs pour le pape Léon XIV dans les relations judéo-catholiques

Le pape Léon XIV, premier pontife né aux États-Unis, a envoyé un signal fort dès sa messe d’inauguration dimanche en réservant des places d’honneur à des responsables juifs. Une attention hautement symbolique qui, selon plusieurs d’entre eux, augure d’un possible renouveau du dialogue judéo-catholique, après une période jugée difficile sous le pontificat de François.

Parmi les invités, le rabbin américain Noam Marans, directeur des affaires interreligieuses de l’American Jewish Committee, a salué un geste porteur d’espoir. Il a notamment reçu une lettre personnelle du nouveau pape quelques jours avant la cérémonie, soulignant l’importance du dialogue et de la coopération. « Aucun pape n’avait jamais écrit à un rabbin américain de cette manière », a-t-il affirmé à l’agence Associated Press.

Cette ouverture intervient dans un contexte délicat. Alors que les actes antisémites augmentent dans de nombreux pays et que la guerre entre Israël et le Hamas suscite de vives controverses, les responsables juifs attendent du Saint-Siège une position morale claire et équilibrée. Sous François, certains propos jugés ambigus ou unilatéraux sur le conflit à Gaza, notamment après l’attaque du 7 octobre 2023 par le Hamas, avaient profondément heurté. Le pape avait alors exprimé de l’empathie envers les Gazaouis sans mentionner Israël ou les victimes juives, suscitant une crise de confiance.

Noemi Di Segni, présidente de l’Union des communautés juives italiennes, se dit quant à elle « dévastée » par les propos du pape François évoquant une possible enquête pour génocide visant Israël. Elle affirme avoir elle aussi reçu un courrier du pape Léon XIV, ce qui l’amène à espérer une meilleure diffusion des principes de respect et de dialogue au sein même des petites paroisses locales.

Aux États-Unis, les liens interreligieux sont historiquement plus solides. Un livret coédité en décembre par l’AJC et la Conférence des évêques catholiques visait déjà à combattre l’antisémitisme. De nombreux responsables religieux américains et israéliens se disent aujourd’hui encouragés par le ton du nouveau pontife, notamment son appel à un cessez-le-feu à Gaza et sa mention des otages israéliens lors de sa première bénédiction dominicale.

Toutefois, l’équilibre reste fragile. Les attentes portent désormais sur la capacité du Vatican à traduire cette volonté de dialogue en actes concrets, notamment dans ses relations diplomatiques avec Israël, État avec lequel il n’a établi des liens officiels qu’en 1993. Pour le rabbin David Rosen, proche du Vatican depuis des années, « François était un grand ami, mais parfois maladroit. Léon semble faire preuve de plus de sensibilité. »

L’ambassadeur israélien auprès du Saint-Siège, Yaron Sideman, estime pour sa part que le dialogue judéo-catholique ne peut être séparé du lien avec Israël, où vit près de la moitié de la population juive mondiale. Il a salué l’engagement du pape Léon XIV à maintenir cette relation vivante : « Nous représentons tous deux bien plus que de simples entités géopolitiques. »

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