Les États-Unis ont conclu ce mardi avec l’Arabie saoudite un accord de vente d’armement d’une ampleur inédite, pour une valeur estimée à près de 142 milliards de dollars. Selon une fiche d’information diffusée par la Maison Blanche, il s’agit du « plus grand accord de coopération en matière de défense » jamais signé par Washington. L’annonce a été faite dans le cadre de la visite du président Donald Trump à Riyad, où il a été reçu par le prince héritier et Premier ministre Mohammed ben Salmane.
Ce contrat massif implique plus d’une douzaine de grandes entreprises américaines du secteur de la défense. Il couvre plusieurs domaines clés : défense aérienne et antimissile, renforcement des capacités militaires dans l’air et l’espace, sécurité maritime et infrastructures de communication. Il s’agit, selon l’administration Trump, d’un geste fort destiné à renforcer un partenariat stratégique de longue date entre les deux pays.
Parmi les industriels concernés, Lockheed Martin devrait fournir des avions de transport C-130, des missiles et des radars. Boeing, RTX Corp et Northrop Grumman sont également pressentis pour fournir divers équipements militaires. Toutefois, la Maison Blanche n’a confirmé publiquement aucun fabricant ou matériel spécifique. Certaines des offres comprises dans ce méga-contrat seraient en gestation depuis plusieurs années, ont confié des sources proches du dossier à Reuters.
L’Arabie saoudite demeure le principal acheteur d’armes américaines. En 2017, Donald Trump avait déjà proposé un accord d’environ 110 milliards de dollars, bien que seulement une fraction de cette somme ait été effectivement contractualisée dans les années suivantes, notamment en raison des critiques suscitées par l’assassinat du journaliste Jamal Khashoggi et des tensions au Congrès américain.
Un point sensible demeure en suspens : la vente potentielle de chasseurs F-35, avions furtifs de dernière génération que le royaume saoudien convoite depuis des années. Des discussions à ce sujet ont eu lieu, mais aucune décision n’a été annoncée. Des sources anonymes indiquent que Washington hésite à autoriser un tel transfert, Israël restant le seul pays du Moyen-Orient à disposer de cette technologie, en vertu du principe de « supériorité militaire qualitative » garantie par les États-Unis.
Si cette vente devait aboutir, l’Arabie saoudite deviendrait le deuxième État de la région à exploiter le F-35, ce qui pourrait rebattre les cartes de l’équilibre stratégique au Moyen-Orient. Pour l’heure, l’accord signé ce mardi confirme surtout une reprise spectaculaire des relations bilatérales en matière de défense, sous l’impulsion de Donald Trump, dans un contexte de réalignement diplomatique régional.