À partir de ce lundi et jusqu’au 22 mai, sept syndicats du périscolaire parisien appellent à la grève. Le mouvement vise les accueils du matin, du soir et les centres de loisirs, ces rouages discrets qui font tenir le quotidien des familles. L’intersyndicale dit ne pas être convaincue par le plan de 20 millions d’euros présenté par le nouveau maire de Paris, Emmanuel Grégoire, et décrit un climat qui s’est durci dans les écoles depuis les révélations, à l’automne 2025, de violences physiques ou sexuelles visant des enfants.
Dans les couloirs, la contestation se cristallise sur une pratique: la suspension décidée dès qu’un signalement remonte, y compris pour des faits jugés mineurs. Éric Leclerc, directeur d’accueil périscolaire et délégué Supap-FSU, résume la mécanique sur France Inter : « le moindre e-mail d’un papa ou d’une maman mécontent va entraîner une suspension ». Il parle d’équipes « en plein craquage », et met dans la même nasse des scènes banales, une bagarre d’enfants, un ton qui monte, l’aide apportée à un élève de maternelle, autant de gestes du métier qui pourraient, selon lui, se retourner contre les agents.
Entre protection des enfants et présomption de faute, l’école sous tension
Sur France Culture, Alexandre Herzog, délégué CGT, conteste lui aussi la « suspension automatique » après un signalement et réclame une réponse qui distingue le haussement de ton d’une atteinte volontaire à l’intégrité d’un enfant. En face, la ligne « tolérance zéro » est défendue par Barka Zerouali, cofondatrice du collectif #MeTooÉcole, qui juge légitimes des mesures conservatoires le temps de vérifier les faits. À Paris, on sent bien la corde raide: protéger sans délai, oui, mais sans fabriquer une culture de la suspicion permanente où chaque adulte devient un risque potentiel.
Côté Ville, la mairie assume. Anne-Claire Boux explique que la suspension vise à ne « prendre aucun risque » lorsqu’un signalement peut déboucher sur une plainte, et qu’elle s’applique pendant la phase d’éclaircissement. Reste le concret : qui encadre les enfants quand une partie du périscolaire s’arrête, comment la continuité du service sera organisée selon l’ampleur du mouvement, et jusqu’où cette doctrine de précaution pourra tenir sans casser un peu plus la confiance entre parents, agents et institution.
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