Près de 30 ans après la mort de Lady Diana, les tensions entre son frère Charles Spencer et le roi Charles III refont surface. Invité de Marc-Olivier Fogiel sur RTL ce mardi, le comte Spencer a confirmé ses accusations contre le souverain britannique, qu’il accuse d’avoir tenu des propos glaçants après la disparition de son ex-épouse en 1997. Malgré un démenti inhabituel du palais de Buckingham, le frère de la princesse assure n’avoir rien inventé et défend la précision de ses souvenirs.
Charles III aurait affirmé que Diana serait rapidement oubliée
Au cœur de cette confrontation figure une conversation téléphonique qui aurait eu lieu dans les jours suivant la mort de Diana, le 31 août 1997, à Paris. Dans son livre Diana, ma sœur : le chant du cygne, publié le 22 septembre aux éditions Flammarion, Charles Spencer raconte un échange particulièrement violent avec celui qui était alors le prince de Galles.
La dispute aurait porté sur la participation des princes William et Harry au cortège funèbre de leur mère. Charles Spencer, opposé à l’idée de voir les deux garçons, âgés de 15 et 12 ans, marcher derrière le cercueil devant des millions de téléspectateurs, affirme que leur père lui aurait reproché son manque de sens du devoir avant de lui lancer : «Soyez tranquille, nous l’aurons bientôt oubliée !» Le frère de Diana assure avoir été tellement choqué qu’il aurait immédiatement raccroché.
Le comte Spencer revient également sur un autre appel téléphonique, reçu le jour même de la disparition de sa sœur. Alors que ses autres interlocuteurs étaient bouleversés, il affirme avoir trouvé Charles étonnamment détaché, faisant preuve d’une «jovialité insouciante» qui l’aurait profondément heurté.
Buckingham sort de son silence et met en doute ses souvenirs
Ces accusations ont provoqué une réaction inhabituelle du palais de Buckingham, qui évite généralement de commenter les révélations publiées dans les livres consacrés à la famille royale. Un porte-parole du roi a contesté la version de Charles Spencer en affirmant que «la douleur d’un deuil fraternel peut obscurcir la raison» et modifier les souvenirs, même plusieurs décennies après les événements.
Le palais n’a toutefois pas présenté publiquement de transcription des conversations contestées. Les propos attribués à Charles III reposent donc sur le témoignage de Charles Spencer, que Buckingham remet en cause.
Ce mardi matin, face à Marc-Olivier Fogiel, le frère de Diana n’a rien retiré de ses déclarations. Il a rappelé avoir travaillé pendant 10 ans comme journaliste de télévision et 15 ans comme historien, expliquant que son parcours professionnel l’avait habitué à vérifier les faits et à restituer fidèlement les paroles prononcées. Il assure conserver un souvenir précis de la tonalité de cet appel.
«Diana était véritablement amoureuse de lui»
Au-delà des derniers jours de la princesse, Charles Spencer décrit également l’effondrement de son mariage avec le futur roi. Il affirme que Diana était sincèrement amoureuse de Charles lorsqu’elle avait accepté de l’épouser en juillet 1981, avant que leur relation ne se détériore rapidement.
«Diana était véritablement amoureuse de lui», a-t-il insisté sur RTL. Selon lui, sa sœur aurait connu une première année de mariage relativement heureuse, mais les difficultés conjugales se seraient ensuite accumulées.
Le couple s’est séparé en 1992, avant de divorcer officiellement en 1996. Charles avait reconnu publiquement son infidélité en 1994, une confession restée célèbre notamment en raison de l’apparition de Diana, le même soir, dans sa mythique robe noire surnommée la «robe de la vengeance».
Les funérailles de Diana, une autre source de conflit
Charles Spencer raconte également que sa famille souhaitait initialement organiser des obsèques dans l’intimité. Mais l’immense émotion provoquée par la disparition de Diana aurait conduit Buckingham et le gouvernement britannique à privilégier une cérémonie publique d’une tout autre ampleur.
Le 6 septembre 1997, William et Harry ont finalement marché derrière le cercueil de leur mère, accompagnés de leur père, de leur grand-père le prince Philip et de leur oncle Charles Spencer. Ce dernier avait prononcé à l’abbaye de Westminster un discours très critique envers les médias, promettant de protéger ses neveux.
Cette épreuve reste profondément ancrée dans les souvenirs des deux princes. Récemment, le prince Harry est revenu sur le traumatisme de la mort de sa mère, expliquant qu’il n’avait pas pleuré lorsqu’on lui avait annoncé son décès, tant le choc avait été violent.
Charles Spencer assure ne pas chercher à gagner de l’argent
Interrogé sur les raisons qui l’ont poussé à publier ses souvenirs près de trois décennies après le drame, Charles Spencer rejette toute motivation financière. «L’argent ne m’intéresse pas», assure-t-il, affirmant vouloir avant tout célébrer la mémoire de sa sœur.
Il souhaite notamment rappeler que Diana ne se résumait ni à son mariage malheureux ni à sa mort tragique. Il décrit une femme courageuse, authentique, dotée d’un grand sens de l’humour, et insiste sur la proximité qu’il entretenait avec elle depuis leur enfance.
Le livre revient également sur les relations difficiles entre Diana et les médias britanniques, dont les méthodes ont fait l’objet de nombreuses controverses. Les manœuvres trompeuses entourant sa célèbre interview télévisée de 1995 ont notamment été documentées, avec un rôle déterminant joué à l’époque par Charles Spencer, qui avait facilité la rencontre entre sa sœur et le journaliste Martin Bashir.
À 62 ans, Charles Spencer assume donc pleinement son récit et refuse de modifier ses déclarations malgré la contestation royale. Les conversations privées qu’il rapporte ne peuvent être établies de manière indépendante à partir des éléments rendus publics, mais le frère de Diana maintient ses accusations contre Charles III, désormais âgé de 77 ans et monté sur le trône en septembre 2022.

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