À Nice, la rue Tiranty n’est plus tout à fait accessible à tous. Face à une situation jugée hors de contrôle, la municipalité a décidé de restreindre l’accès à cette artère du centre-ville aux seuls riverains, commerçants, clients et patients, entre 8h et 20h. Une mesure radicale, justifiée par des scènes quotidiennes d’injections à ciel ouvert, de deals en pleine rue et de riverains excédés. Depuis des années, ce bout de rue situé à proximité de la gare est décrit comme une « salle de shoot sauvage ». Au pied des immeubles ou entre deux voitures, les toxicomanes s’administrent leur dose au vu de tous, parfois même devant des enfants. Les habitants témoignent de seringues jonchant les trottoirs, de scènes de nudité, d’agressivité et d’insalubrité. Une riveraine évoque « de l’énervement plus que de la peur », un quotidien devenu irrespirable.
Barrage filtrant et polémique sur une rue bouclée
Un centre médical situé dans la rue a dû installer un bouton d’appel d’urgence derrière son comptoir, tant les incidents se sont multipliés. Son personnel décrit une ambiance anxiogène, marquée par des pics de tension liés à la consommation de drogues sur place. La police municipale est présente mais peine à contenir la situation. L’arrêté municipal prévoit l’installation de barrages filtrants. Une circulation à pied restera possible pour les personnes autorisées, mais l’accès général sera bloqué durant la journée. Cette décision, portée par la mairie de Nice, est accueillie avec soulagement par certains, mais suscite aussi des réserves. Un jeune père de famille envisage déjà de quitter les lieux avec son nourrisson, tandis que d’autres craignent un simple déplacement du problème dans un autre quartier. Pour les commerçants, la mesure est perçue comme un mal nécessaire, à condition que l’accès reste fluide pour leurs clients. Mais certains observateurs redoutent que cette initiative, présentée comme indispensable après l’échec d’autres tentatives, soit attaquée en justice. L’arrêté municipal pourrait en effet faire l’objet d’un recours devant le tribunal administratif. En attendant, la rue Tiranty devient le symbole local d’une impasse nationale sur la gestion de la toxicomanie urbaine.
