La nuit du 10 août aurait pu virer au drame dans la baie de La Baule. Quatre personnes, dont un enfant, se sont retrouvées bloquées en mer sur un petit voilier alors qu’elles se rendaient pique-niquer sur l’île des Evens. Vers 23 h 15, le bateau a été signalé en détresse à proximité de ce rocher situé à l’entrée de la baie. Les sauveteurs de la SNSM (Société nationale de sauvetage en mer) de Pornichet, épaulés par les pompiers, ont dépêché une vedette pour récupérer la famille. Tous les passagers ont été ramenés à terre sains et saufs.
Un dériveur surchargé, des secours en pleine nuit
D’après les premiers éléments, le dériveur de marque Topper n’était pas conçu pour transporter autant de personnes. Les passagers auraient cherché à traverser la baie pour rejoindre l’île des Evens, sorte de banc rocheux qui attire les plaisanciers en quête de dépaysement. Pris dans le vent et les courants, le petit bateau a dérivé et s’est retrouvé coincé dans l’obscurité. L’appel de détresse a été reçu par le Centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage, qui a immédiatement mobilisé les secours. À leur arrivée, les sauveteurs ont constaté que la famille était fatiguée et frigorifiée, mais aucune blessure grave n’a été signalée. « Dimanche 10 août, un petit dériveur coincé en pleine nuit près des Evens, dans la baie, a été secouru par les sauveteurs de la SNSM. Les quatre passagers sont sains et saufs », rappelle un compte rendu de l’intervention. La SNSM souligne que de nombreux plaisanciers sous-estiment la difficulté de naviguer de nuit sur un plan d’eau pourtant réputé tranquille. La baie de La Baule est ouverte sur l’océan Atlantique, et les courants y sont puissants à proximité des passes. Le dériveur en question était prévu pour deux personnes, mais accueillait un couple avec leurs deux enfants. Une surcharge qui a rendu le bateau instable et difficile à manœuvrer. La vedette orange de la SNSM de Pornichet, spécialement équipée pour les interventions nocturnes, a mis une vingtaine de minutes pour localiser le voilier et récupérer ses occupants.
Un appel à la prudence pour tous les plaisanciers
Au-delà de cette aventure qui se termine bien, la SNSM de Pornichet souhaite « faire passer un message de prévention ». Interrogée après l’opération, la station explique que l’été voit affluer sur la côte de Loire-Atlantique de nombreux vacanciers qui ignorent les règles élémentaires de sécurité en mer. « Nous voulons rappeler que chaque bateau a une capacité limitée et qu’il faut la respecter, explique un responsable. Trop nombreux pour un si petit bateau, la situation a failli dégénérer. » Il recommande de toujours vérifier la météo, de prévoir des gilets de sauvetage en nombre suffisant et de ne jamais s’éloigner des côtes sans VHF ou téléphone chargé pour donner l’alerte. Cette intervention illustre aussi le rôle crucial de la Société nationale de sauvetage en mer, une association de bénévoles qui assure près de la moitié des missions de secours en mer en France. Durant l’été, la station de Pornichet effectue des patrouilles régulières dans la baie pour prévenir les risques et assister les embarcations en difficulté. Les sauveteurs rappellent que l’appel au 196, numéro national d’urgence pour les secours maritimes, doit être le premier réflexe. Ils signalent également qu’une formation à la navigation et un équipement adapté sont indispensables, même pour des sorties à la journée. Alors que la fréquentation de la baie de La Baule reste élevée en août, la SNSM insiste sur la vigilance. Le succès d’une sortie en mer ne tient pas qu’à la météo et au paysage : il dépend surtout du respect des consignes de sécurité et de la préparation des plaisanciers. Cette fois, grâce à une alerte rapide et à la mobilisation des secours, la famille a pu regagner le port de Pornichet sans dommage. Mais les sauveteurs mettent en garde : la mer n’est jamais un terrain de jeu anodin et un dériveur surchargé peut très vite devenir une source de danger.
