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Faux billets et arnaque au « wash-wash » : un entrepreneur de Loire-Atlantique en détention

Faux billets et arnaque au "wash-wash" : un entrepreneur de Loire-Atlantique en détention
Faux billets et arnaque au "wash-wash" : un entrepreneur de Loire-Atlantique en détention

Il espérait quitter sa cellule, invoquant des ennuis de santé et une vie bien ancrée en France. Mais la justice en a décidé autrement. La chambre de l’instruction de la cour d’appel de Rennes a confirmé le placement en détention provisoire d’un chef d’entreprise de 51 ans, domicilié à La Chapelle-Heulin (Loire-Atlantique), soupçonné d’être à la tête d’un réseau d’escroquerie au procédé dit du « wash-wash ». Déjà condamné à huit reprises, notamment pour escroquerie et abus de confiance, cet entrepreneur spécialisé dans la pose de bardages est aujourd’hui présenté par les enquêteurs comme le « donneur d’ordres » d’une opération visant à soutirer de l’argent à des victimes en leur promettant une multiplication fictive de billets.

Une arnaque bien rodée et des victimes ciblées

Le stratagème est connu : convaincre des particuliers qu’ils peuvent transformer des coupures soi-disant noircies en billets authentiques, à l’aide d’un produit miracle censé valoir jusqu’à 30 000 euros. L’opération s’appuie sur des faux billets de mauvaise qualité, ainsi que sur un mélange chimique à base d’iode et de vitamine C censé restaurer leur apparence. Trop tard pour les victimes, qui découvrent la supercherie une fois les escrocs disparus avec leur argent. Le dossier a pris corps à la fin du mois d’août 2024, lorsqu’un homme a été intercepté par les douanes avec 154 000 euros de faux billets dans son véhicule. Dans la foulée, une perquisition au domicile d’un Nantais a permis de découvrir 140 000 euros supplémentaires en fausse monnaie, ainsi que 7 000 euros en liquide bien réel. Cet homme, père de famille, est également mis en examen et reste détenu. Les investigations ont rapidement mené à l’arrestation du dirigeant d’entreprise, présenté comme l’organisateur du réseau, chargé d’identifier les cibles et de coordonner les démonstrations. L’une d’elles devait se tenir chez un entrepreneur de Saint-Malo, selon les écoutes téléphoniques. Un autre mis en cause a confirmé ce rôle central, évoquant un projet d’achat de château financé par les escroqueries, dans la commune voisine de Haute-Goulaine.

Une défense battue en brèche

Durant l’audience, l’homme a tenté de plaider pour une assignation à résidence sous bracelet électronique, arguant d’un suivi médical nécessaire, notamment pour des troubles liés à l’apnée du sommeil. « Mon codétenu ne supporte pas que je lui demande d’ouvrir la fenêtre », aurait-il confié au juge, insistant sur ses attaches familiales et professionnelles en France. Mais les magistrats ont suivi les réquisitions du parquet. Le risque de fuite, conjugué à la gravité des faits reprochés, justifie le maintien en détention. La cour a estimé que les éléments réunis à ce stade de l’enquête constituaient des indices graves et concordants contre le quinquagénaire. Son co-mis en examen, le Nantais chez qui ont été découverts les faux billets, reste, lui aussi, derrière les barreaux.

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