La région Île-de-France va devoir composer avec des restrictions budgétaires drastiques en 2025, conséquence des décisions du gouvernement visant à réduire le déficit public. La présidente de la région, Valérie Pécresse (LR), a dénoncé ce mardi 12 novembre un “coup de rabot arbitraire”, lors de la présentation du budget régional, qu’elle qualifie de “dure et injuste”.
Le projet de loi de finances pour 2025 prévoit un effort de 5 milliards d’euros pour les collectivités, incluant une ponction de 3 milliards d’euros sur les recettes des 450 plus grandes collectivités françaises, pour ramener le déficit public à 5 % du PIB. En Île-de-France, cette réduction des recettes se traduira par un manque à gagner de 321 millions d’euros entre 2024 et 2025. “L’État nous prive brutalement de 100 millions d’euros de recettes de TVA en 2024 et de 220 millions en 2025, soit une baisse inédite de 5 % des recettes”, a déclaré Mme Pécresse.
La présidente régionale estime cette coupe “aveugle et injuste”, particulièrement pour une région qui a fait preuve de bonne gestion, en maîtrisant sa dette et en réduisant ses dépenses de fonctionnement. “La région Île-de-France est celle qui, après les Hauts-de-France, présente le plus fort taux de pauvreté et touche des recettes par habitant parmi les plus faibles de France”, a-t-elle rappelé.
Des économies substantielles et des projets suspendus
Afin d’anticiper trois ans de pertes de recettes, la trajectoire budgétaire de l’Île-de-France prévoit 760 millions d’euros d’économies en 2025. Toutefois, Valérie Pécresse exclut toute hausse d’impôts et décide, sous contrainte, de suspendre certains projets cofinancés par l’État, à l’exception des projets de transport. Cette suspension, estimée à environ 100 millions d’euros, affectera particulièrement l’enseignement supérieur, la recherche, et la culture. Les projets en faveur des énergies renouvelables, du logement et de la formation professionnelle subiront également une “année blanche”.
Valérie Pécresse insiste sur le fait que “les lycées ne feront l’objet d’aucune économie” et annonce même l’ouverture de sept nouveaux établissements dans la région. “Nous ne sommes en rien responsables de la hausse de la dette de l’État ou de son déficit”, a-t-elle affirmé, en déplorant que l’État prive la région des revenus de ses taxes.
Le soutien à Michel Barnier malgré les désaccords
Malgré ses critiques, Valérie Pécresse a affirmé son soutien au gouvernement de Michel Barnier, estimant qu’un rejet du budget serait encore plus préjudiciable. Elle appelle néanmoins le Sénat à “ramener un peu de raison” dans le texte, soulignant son désaccord avec ce qu’elle perçoit comme une “prime à la mauvaise gestion”.
La présidente de la région se dit attristée de devoir prendre ces décisions “à contrecœur”, mais estime qu’il s’agit d’une situation imposée par la “mauvaise gestion” de l’État.