Pernod Ricard et Brown-Forman stoppent net leur projet de rapprochement
Pernod Ricard et Brown-Forman stoppent net leur projet de rapprochement

Clap de fin, sans bouquet ni photo de famille. Un peu plus d’un mois après avoir confirmé des discussions pour un rapprochement « entre égaux », Pernod Ricard et l’américain Brown-Forman ont mis un terme à leur projet commun. L’annonce est tombée ce mardi, sèche, presque administrative, comme ces portes qui se ferment sans bruit mais laissent une trace.

Côté français, le propriétaire d’Absolut, Jameson et Martell (11 milliards d’euros de chiffre d’affaires) parle de pourparlers restés « à un stade préliminaire ». Dans un communiqué, Pernod Ricard explique que les échanges « ont pris fin et n’ont pas abouti à un accord, les entreprises n’étant pas parvenues à s’entendre sur des conditions mutuellement acceptables ». Traduction, le terrain d’entente n’a jamais été trouvé, et dans ce genre de dossier, ce n’est jamais qu’une question de sympathie.

Dans la foulée, le groupe insiste sur sa feuille de route. « Pernod Ricard reste pleinement concentré et confiant dans sa stratégie, dans son modèle opérationnel et dans l’engagement de ses équipes », assure le communiqué, avec l’idée de rassurer les marchés et les salariés. On connaît la musique, quand la partition du rapprochement se froisse, on remet en avant la solidité de la maison et la promesse d’une « création de valeur durable sur le long terme ».

Un secteur en quête de taille, mais pas à n’importe quel prix

Un secteur en quête de taille, mais pas à n’importe quel prix Ce mariage avorté n’avait rien d’un caprice : il s’inscrivait dans un moment chahuté pour les géants des spiritueux, entre ralentissement de la demande sur certains marchés et volonté de peser davantage face au numéro un mondial, Diageo. Sur le papier, les complémentarités géographiques pouvaient faire saliver. Dans la réalité, les défis s’accumulaient, surtout entre deux groupes familiaux des deux côtés de l’Atlantique, avec des cultures différentes et des réflexes de gouvernance parfois incompatibles.

Derrière la formule polie des « conditions mutuellement acceptables », plusieurs questions reviennent toujours dans ce type de projet. Où installer le siège social, qui prend la direction, sur quelle place coter le futur ensemble, comment répartir le pouvoir sans humilier personne. Ce sont des détails en apparence, des mines en pratique. Quand l’ego des actionnaires, la mécanique des conseils et la symbolique des postes s’en mêlent, l’équation devient vite insoluble.

Reste que l’histoire ne s’arrête pas là. Le projet enterré, les opportunités de consolidation continuent de rôder dans le secteur. Selon la presse anglo-saxonne, l’américain Sazerac aurait récemment signalé à Brown-Forman son intérêt pour un éventuel rachat à 32 dollars par action, une proposition qui valoriserait le groupe autour de 15 milliards de dollars, pour un chiffre d’affaires 2024-2025 de 4,1 milliards. À ce stade, rien n’est confirmé, mais le message est clair : dans le monde des spiritueux, quand une alliance tombe à l’eau, d’autres verres se remplissent déjà.

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