Kérosène: Bercy va convoquer les compagnies aériennes, l’été sous surveillance
Kérosène: Bercy va convoquer les compagnies aériennes, l’été sous surveillance

L’été approche et, dans les cockpits comme dans les comptes d’exploitation, une même angoisse revient au tableau de bord: le prix du kérosène. Mardi 28 avril, le ministre de l’Économie Roland Lescure a annoncé qu’il recevra « l’ensemble des compagnies aériennes » pour faire le point sur la préparation de la saison estivale, une période où la moindre secousse se répercute immédiatement sur les voyageurs.

Dans l’industrie aérienne, le carburant n’est pas un détail de comptable. Il pèse souvent lourd, autour d’un quart à un tiers des coûts selon les compagnies et les périodes, ce qui explique la nervosité dès que les cours s’emballent. Les transporteurs à bas coût encaissent généralement le choc plus durement, avec des marges tendues et des billets vendus à l’euro près, là où les acteurs plus installés disposent parfois de couvertures ou d’une structure tarifaire moins fragile.

Déjà, le concret a rattrapé la théorie. Transavia a annoncé des annulations sur les prochaines semaines, dans un contexte marqué par la guerre au Moyen-Orient qui complique l’importation de pétrole et de kérosène en provenance des pays du Golfe. La réunion se tiendra aussi avec le ministre des Transports Philippe Tabarot, avec un double objectif assumé par Roland Lescure: parler volumes, mais aussi prix, autrement dit éviter les couacs opérationnels et mesurer la facture qui grimpe.

Le carburant, nerf de la guerre des billets

Roland Lescure se veut rassurant sur l’approvisionnement. « Il n’y a pas d’inquiétude à avoir » à court terme, a-t-il martelé, rappelant que la France importe un peu plus de 20 % de son kérosène du Golfe et qu’aucune pénurie n’a été constatée en avril. Pour mai, même discours: pas d’alerte immédiate, même si Bercy suit la situation « comme le lait sur le feu », signe que le sujet est devenu politique autant qu’industriel.

Le gouvernement met en avant ses amortisseurs: des raffineries françaises autorisées à augmenter le raffinage, notamment à Gravenchon, et environ trois mois de stocks stratégiques, dont une part en kérosène et une autre en brut pouvant être raffinée. Les approvisionnements, insiste le ministre, sont diversifiés. Reste que la sécurité physique des stocks ne règle pas tout, car l’aérien vit aussi au rythme des cours mondiaux, et un kérosène disponible peut rester un kérosène trop cher.

À ce jeu, la bataille se joue aussi sur les mots. Le patron de TotalEnergies Patrick Pouyanné a évoqué le risque d’« une ère de pénurie énergétique » si le blocage du détroit d’Ormuz durait « deux ou trois mois », une sortie que Roland Lescure juge hors de propos quand elle alimente l’inquiétude. Entre communication et précaution, l’État veut éviter l’effet domino: annulations, hausse des tarifs, colère des passagers. La saison d’été, elle, n’attendra pas, et le moindre litre de kérosène continuera de peser sur la promesse vendue au guichet: partir, à l’heure et au prix annoncé.

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