Air France-KLM a publié jeudi 5 novembre 2026 des résultats trimestriels solides, avec un bénéfice net en progression de 22 %, à 938 millions d’euros. Malgré cette performance, le groupe franco-néerlandais annonce une nouvelle restructuration de sa filiale KLM, qui prévoit de supprimer environ 1 000 postes et de réorganiser plusieurs activités. L’objectif est de renforcer sa rentabilité face à la hausse des prix du carburant et aux difficultés structurelles de la compagnie néerlandaise.
Le groupe Air France-KLM a enregistré un troisième trimestre particulièrement favorable sur le plan financier. Entre juillet et septembre 2026, son chiffre d’affaires a progressé de 7,6 %, atteignant 9,9 milliards d’euros, tandis que son bénéfice net s’est établi à 938 millions d’euros, contre 768 millions un an plus tôt. Le résultat opérationnel ajusté a également augmenté de 126 millions d’euros pour atteindre 1,35 milliard d’euros. Ces performances dépassent les attentes des analystes et témoignent de la résistance du transport aérien international, malgré un environnement économique et géopolitique marqué par de fortes incertitudes.
Cette amélioration repose notamment sur la demande soutenue pour les voyages long-courriers et sur la stratégie de montée en gamme engagée par le groupe. Les destinations vers l’Amérique du Nord, l’Asie, l’Afrique et l’Amérique latine ont contribué à la progression des recettes. Au total, Air France-KLM a transporté 29,7 millions de passagers au troisième trimestre, soit une hausse de 1,8 % sur un an. Le taux de remplissage des avions s’est maintenu à 88,4 %. Les activités de fret ont également enregistré une progression significative, avec des recettes unitaires en hausse de 21,9 % à taux de change constant.
KLM annonce une restructuration de grande ampleur
Malgré ces résultats, la situation de KLM demeure préoccupante pour la direction du groupe. La compagnie néerlandaise a dégagé un résultat opérationnel ajusté de 458 millions d’euros au troisième trimestre, contre 352 millions un an auparavant. Cette progression de 106 millions d’euros ne suffit toutefois pas à atteindre les objectifs de rentabilité fixés par sa direction. KLM estime que sa structure de coûts reste trop élevée et que les économies déjà réalisées ne permettent pas de financer durablement le renouvellement de sa flotte, l’amélioration du service aux passagers et les investissements nécessaires à son développement.
La compagnie a donc annoncé un nouveau programme de transformation qui doit améliorer son résultat annuel d’un milliard d’euros supplémentaire. Environ 5 000 postes seront concernés par cette réorganisation, dont 4 000 pourraient être transférés vers des prestataires extérieurs ou d’autres entités du groupe Air France-KLM. Près de 1 000 postes devraient disparaître. Au total, les effectifs directement employés par KLM pourraient diminuer de près de 15 % au cours des prochaines années. Les activités d’assistance au sol, de fret et de maintenance figurent parmi les secteurs concernés par ces changements.
Des économies supplémentaires malgré un précédent plan de redressement
KLM avait déjà engagé fin 2024 un programme d’amélioration de ses performances baptisé « Back on Track ». Celui-ci a permis de générer environ 750 millions d’euros de gains depuis son lancement, grâce notamment à une meilleure utilisation des avions, à une maîtrise des coûts opérationnels et à des gains de productivité. La compagnie estime cependant que ces résultats demeurent insuffisants. Elle souhaite désormais simplifier son organisation, moderniser sa flotte européenne et adapter davantage ses capacités aux fluctuations de la demande. La direction prévoit également de rechercher une augmentation de la productivité d’au moins 8 %, accompagnée d’une progression très limitée des rémunérations.
La directrice générale de KLM, Marjan Rintel, a reconnu que les mesures annoncées représentaient des changements importants pour les salariés. Selon elle, les résultats du troisième trimestre ne doivent pas masquer les difficultés de fond de l’entreprise. La compagnie est notamment confrontée à des coûts élevés sur sa plateforme d’Amsterdam-Schiphol, à des contraintes opérationnelles et à une concurrence importante sur les liaisons européennes. Les modalités précises des réorganisations devront encore être détaillées. Leurs conséquences sociales pourraient devenir un sujet majeur de discussion entre la direction et les représentants du personnel.
La flambée du kérosène pèse sur les perspectives du groupe
La hausse des prix du carburant constitue l’une des principales préoccupations d’Air France-KLM. Au troisième trimestre, l’augmentation du coût du kérosène a représenté une charge supplémentaire de 436 millions d’euros par rapport à l’année précédente, après prise en compte des couvertures financières. Le groupe prévoit désormais une facture annuelle de carburant d’environ 9,2 milliards de dollars en 2026, contre une estimation précédente de 8,9 milliards. Cette évolution est notamment liée aux tensions au Moyen-Orient, qui ont fortement perturbé les marchés énergétiques et certaines routes aériennes.
Face à ces incertitudes, Air France-KLM a également revu ses ambitions de croissance pour l’année. Le groupe table désormais sur une augmentation de ses capacités d’environ 2 %, contre une fourchette initialement comprise entre 2 % et 3 %. Sur les neuf premiers mois de 2026, son bénéfice net reste en recul de 25 %, à 877 millions d’euros, malgré les bons résultats estivaux. Les performances du troisième trimestre illustrent ainsi le contraste entre une demande de transport aérien toujours soutenue et des coûts d’exploitation particulièrement élevés. Pour Air France-KLM, le défi consiste désormais à préserver sa rentabilité tout en finançant la modernisation de ses appareils et en conduisant une restructuration socialement sensible chez KLM.









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