La SNCF a annoncé mardi 3 novembre 2026 plusieurs mesures destinées à soutenir le pouvoir d’achat de ses salariés face à l’inflation. Une prime exceptionnelle de 400 euros sera versée à environ 140 000 agents, tandis que les indemnités liées au travail de nuit et aux déplacements professionnels seront augmentées. Des annonces jugées insuffisantes par les syndicats, qui réclament une hausse générale des salaires.
La direction de la SNCF a présenté trois mesures à l’issue d’une réunion consacrée aux rémunérations, organisée mardi au siège du groupe ferroviaire à Saint-Denis. La principale annonce concerne le versement d’une prime de partage de la valeur de 400 euros, destinée aux salariés de SNCF SA, SNCF Voyageurs, SNCF Réseau, SNCF Gares et Connexions et SNCF Optim’Services. Environ 140 000 personnes sont concernées, sur les quelque 280 000 salariés que compte l’ensemble du groupe. Le versement est prévu entre la fin du mois de novembre et le début du mois de décembre. Cette prime s’ajoute aux dispositifs déjà mis en place depuis le début de l’année pour soutenir les revenus des cheminots. La direction entend ainsi répondre aux conséquences de la hausse des prix, notamment sur les dépenses quotidiennes des salariés.
Deux autres mesures concernent directement les indemnités professionnelles. Depuis le 1er novembre, les compensations versées pour le travail de nuit, les dimanches et les jours fériés sont revalorisées de 2 %. Cette augmentation concerne environ 100 000 salariés qui assurent la continuité du service ferroviaire ou exercent leur activité en horaires décalés. Parallèlement, les indemnités kilométriques sont augmentées de 5 % pour les agents utilisant leur véhicule personnel dans le cadre de leurs missions professionnelles. Ces revalorisations visent à mieux prendre en compte les contraintes spécifiques de certains métiers du ferroviaire, notamment les déplacements et les horaires atypiques. Elles ne constituent toutefois pas une augmentation générale des salaires, contrairement à ce que demandaient plusieurs organisations syndicales.
Des mesures insuffisantes pour les syndicats
Ces annonces interviennent dans un contexte de tensions sociales autour du pouvoir d’achat. Les syndicats estiment que les augmentations salariales accordées en début d’année ne compensent plus suffisamment l’inflation. L’accord salarial pour 2026 reposait sur une prévision de hausse des prix de 1,3 %, alors que l’Insee a récemment fait état d’une inflation annuelle de 3,4 % en octobre. L’Unsa Ferroviaire réclamait notamment une augmentation générale de 2,6 %, rétroactive au 1er juillet. De son côté, la CFDT Cheminots considère que les nouvelles mesures ne répondent pas pleinement aux attentes des salariés. Les représentants syndicaux soulignent également les bons résultats financiers de la SNCF, dont le bénéfice avait atteint 1,2 milliard d’euros au premier semestre. Pour eux, ces performances doivent permettre une revalorisation durable des rémunérations, au-delà des primes ponctuelles.
La direction rappelle néanmoins que les salariés ont déjà bénéficié de plusieurs dispositifs en 2026, notamment une prime de partage de la valeur de 250 euros en mars, une autre prime de 100 euros en juillet et un intéressement moyen de 1 050 euros. Selon les calculs de l’entreprise, les deux primes de partage de la valeur et l’intéressement représentent en moyenne 1 700 euros par salarié sur l’année, soit une progression de 30 % par rapport à 2025. Malgré ces annonces, les quatre principales organisations syndicales, CGT, Unsa Ferroviaire, Sud-Rail et CFDT, maintiennent leur participation à la mobilisation nationale prévue jeudi 5 novembre pour les salaires et l’emploi. Elles demandent l’ouverture de véritables négociations sur les rémunérations et les conditions de travail. La SNCF a annoncé que les négociations salariales pour 2027 se tiendraient en janvier prochain, avec des échanges préparatoires dès décembre. D’ici là, la question du pouvoir d’achat des cheminots devrait rester au centre du dialogue social.









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