L’Union européenne vient de retirer deux pays de sa liste noire des juridictions fiscales non coopératives. Réunis ce vendredi 9 octobre 2026, les ministres des Finances des Vingt-Sept ont décidé d’en exclure le Panama et le Vietnam, estimant que les deux États avaient accompli des progrès significatifs en matière de transparence fiscale. Cette décision marque une nouvelle étape dans la stratégie européenne de lutte contre l’évasion fiscale et les pratiques financières opaques. Elle permet également au Panama, inscrit sur cette liste depuis 2020, de sortir d’une catégorie particulièrement préjudiciable à sa réputation internationale. Le Vietnam, qui y figurait depuis février 2026, bénéficie lui aussi de cette réévaluation. Pour Bruxelles, ces évolutions démontrent que le dialogue avec les pays concernés peut encourager une amélioration des pratiques fiscales, même si plusieurs vérifications restent nécessaires.
Ce retrait ne signifie toutefois pas que les deux pays satisfont désormais à l’ensemble des exigences européennes. Le Panama et le Vietnam passent sur la liste dite « grise », qui rassemble les juridictions engagées dans un processus de coopération fiscale mais faisant encore l’objet d’un suivi. Les deux États devront notamment se soumettre à une évaluation approfondie du Forum mondial sur la transparence et l’échange de renseignements à des fins fiscales, organisme lié à l’OCDE. Cette procédure doit permettre de vérifier l’efficacité de leurs dispositifs d’échange d’informations avec les administrations fiscales étrangères. La décision européenne repose donc autant sur les démarches entreprises que sur les résultats déjà obtenus. Elle constitue une reconnaissance des efforts engagés, sans pour autant délivrer un certificat définitif de conformité.
Une liste noire réduite à huit juridictions, mais des interrogations persistantes
Avec cette nouvelle révision, la liste noire européenne ne compte plus que huit juridictions : les Samoa américaines, Anguilla, Guam, les Palaos, la Russie, les îles Turques-et-Caïques, les îles Vierges américaines et le Vanuatu. Ce dernier a pourtant enregistré des avancées en matière de transparence fiscale, jugées insuffisantes pour justifier son retrait en raison de problèmes toujours non résolus. À l’inverse, les autorités européennes ont exprimé leurs préoccupations concernant Anguilla, dont les dispositifs d’échange de renseignements continuent de présenter des lacunes. La Commission européenne souligne que cette liste, créée en 2017 et révisée deux fois par an, vise à encourager les États et territoires concernés à respecter les normes internationales de bonne gouvernance fiscale. Son efficacité dépend néanmoins de la capacité des institutions européennes à contrôler les engagements pris et à maintenir une pression suffisante sur les juridictions récalcitrantes.
La sortie du Panama et du Vietnam illustre les limites et les possibilités de cet instrument diplomatique. D’un côté, la menace d’une inscription sur la liste noire peut inciter certains gouvernements à modifier leurs réglementations pour préserver leur attractivité économique et leurs relations financières avec l’Europe. De l’autre, le passage sur la liste grise rappelle que les progrès annoncés doivent encore être confirmés dans leur application concrète. Bruxelles devra notamment s’assurer que les administrations fiscales étrangères peuvent effectivement obtenir les informations nécessaires pour identifier les avoirs et les revenus soumis à leurs contrôles. La Commission européenne poursuit parallèlement ses travaux pour renforcer la coordination des mesures fiscales prises par les États membres contre les juridictions non coopératives. En attendant les conclusions des prochaines évaluations internationales, le Panama et le Vietnam obtiennent donc un assouplissement de leur statut, mais demeurent sous la surveillance des autorités européennes.

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