Cette année, près de 46% des foyers fiscaux paieraient l’impôt sur le revenu, un niveau présenté comme un record depuis dix ans. Dit comme ça, le chiffre a un goût de retour en arrière: celui d’une France où l’IR ne concerne plus seulement les revenus confortables mais rattrape des ménages qui se pensaient encore à l’abri du barème.
Le prélèvement à la source, installé dans les habitudes, masque un peu la montée en charge : on paie en douceur, au fil des mois, et la bascule se voit parfois tard, au moment de la régularisation.
Quand l’inflation pousse la porte du fisc
Ce mouvement s’explique souvent par un cocktail très français. Des salaires et des retraites qui progressent en euros courants, une inflation qui gonfle les revenus nominaux, puis des paramètres fiscaux qui ne suivent pas toujours au même rythme, même quand le barème est indexé. Résultat, certains franchissent la marche, parfois d’un cheveu, et découvrent qu’ils deviennent imposables ou qu’ils le sont davantage. Dans les couloirs de Bercy, on insiste d’ordinaire sur la progressivité du système, la décote, les crédits et réductions d’impôt, tout ce qui amortit le choc. Sur le terrain, le contribuable, lui, retient une chose: son reste à vivre.
Politiquement, le chiffre tombe au pire moment, celui où la trajectoire des finances publiques remet la fiscalité des ménages au centre du jeu. Les oppositions dénonceront l’« impôt qui s’élargit en silence », la majorité rappellera que l’IR reste concentré sur une fraction des foyers et que d’autres prélèvements, comme la CSG, pèsent déjà sur presque tout le monde. Entre l’exigence de recettes et la promesse de ne pas étouffer le travail, le débat s’installe, avec une idée qui revient comme un refrain: jusqu’où peut monter la part de Français imposés sans rallumer la mèche du ras-le-bol fiscal.
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