L’Institut Montaigne veut remettre la compétitivité au centre de la campagne présidentielle de 2027. Dans une note dévoilée par Le Parisien, le laboratoire d’idées libéral propose un chantier à 60 milliards d’euros mêlant financement de la protection sociale, assurance chômage et règles d’indemnisation des arrêts maladie. Ces propositions visent à répondre au décrochage économique qu’il diagnostique. Elles ne constituent, à ce stade, ni un programme gouvernemental ni des mesures adoptées.
L’un des principaux leviers serait de faire davantage contribuer la TVA au financement des branches famille et santé, afin de réduire les prélèvements pesant sur le travail. Le raisonnement consiste à alléger les coûts des entreprises pour améliorer leur capacité à produire et à investir. Mais ce transfert pose aussi une question de répartition : une fiscalité davantage assise sur la consommation ferait contribuer les ménages, avec des effets dépendant des taux retenus et des éventuelles compensations.
Un arbitrage sensible entre compétitivité et protection sociale
Le chantier prévoit également un durcissement de l’assurance chômage, dont l’Institut souhaite rapprocher les paramètres des pratiques allemandes ou néerlandaises. Il propose aussi d’aligner les jours de carence du secteur public sur ceux du privé, tout en conservant les 35 heures. L’effort porterait donc sur plusieurs règles entourant le travail et la protection sociale. Leur impact devra être apprécié au regard des économies attendues, mais aussi des conséquences pour les personnes concernées.
Cette note appartient à un ensemble de 25 contributions destinées à nourrir le débat présidentiel. L’Institut Montaigne cherche ainsi à imposer une discussion sur les moyens de créer davantage de richesse. Le montant annoncé donne de l’ampleur à son initiative, sans suffire à démontrer son efficacité. Le débat devra distinguer les baisses de dépenses, les transferts de financement et les gains économiques espérés : trois mécanismes dont les conséquences sur les comptes publics et le pouvoir d’achat diffèrent.

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