Au moins 927 personnes sans domicile sont mortes en France au cours de l’année 2025, selon un décompte rendu public par un collectif engagé auprès des personnes à la rue. Ce chiffre met en lumière les conséquences dramatiques de la grande précarité et rappelle que l’absence de logement constitue un facteur majeur de vulnérabilité. Derrière ce bilan se trouvent des femmes et des hommes confrontés à des conditions de vie particulièrement difficiles, souvent marquées par l’isolement, les problèmes de santé et l’impossibilité d’accéder durablement à un hébergement adapté. Le nombre réel de décès pourrait être supérieur, toutes les situations n’étant pas nécessairement recensées.
La mortalité des personnes sans domicile ne se limite pas aux périodes de grand froid. Si les températures hivernales représentent un danger important, les risques persistent tout au long de l’année. Les personnes vivant dans la rue sont davantage exposées aux maladies chroniques, aux infections, aux accidents et aux violences. L’absence de conditions d’hygiène satisfaisantes, les difficultés pour conserver des médicaments ou respecter un traitement médical et le manque de repos aggravent également leur état de santé. À ces problèmes s’ajoutent des obstacles administratifs et sociaux qui compliquent l’accès aux soins. Certaines personnes alternent entre la rue, les hébergements d’urgence et des solutions provisoires, sans parvenir à retrouver une stabilité. Cette succession de ruptures fragilise les parcours individuels et peut entraîner une dégradation progressive de la santé physique et psychologique.
Une crise du logement qui aggrave la précarité
Ce bilan intervient dans un contexte de fortes tensions sur le logement en France. La hausse des loyers dans certaines agglomérations, le manque de logements accessibles aux ménages modestes et les difficultés rencontrées par les dispositifs d’hébergement contribuent à maintenir de nombreuses personnes dans des situations précaires. Les associations alertent régulièrement sur la saturation des structures d’accueil et sur le nombre de demandes d’hébergement qui restent sans solution. Les familles avec enfants, les jeunes en rupture familiale, les travailleurs pauvres et les personnes souffrant de problèmes de santé peuvent être concernés. Le manque de places adaptées complique particulièrement l’accompagnement des personnes ayant besoin d’un suivi médical ou social régulier. Les acteurs associatifs soulignent ainsi la nécessité de dépasser les seules réponses d’urgence pour développer des solutions de logement durables, accompagnées lorsque cela est nécessaire d’un soutien sanitaire et social.
Pour les pouvoirs publics, la publication de ce décompte pose la question de l’efficacité des politiques de prévention du sans-abrisme. Les dispositifs d’urgence permettent de protéger temporairement des personnes en danger, mais ils ne suffisent pas toujours à interrompre les parcours d’exclusion. Les associations défendent notamment un accès plus rapide au logement, une meilleure coordination entre les services sociaux et médicaux ainsi qu’un renforcement des dispositifs d’accompagnement. Elles demandent également une connaissance plus précise des décès afin d’identifier les situations dans lesquelles une intervention aurait pu éviter le drame. Le chiffre de 927 morts constitue un minimum recensé et non une mesure exhaustive de la mortalité des personnes sans domicile. Au-delà de sa portée statistique, il rappelle l’urgence d’une réponse durable à la grande précarité. Car disposer d’un toit ne représente pas seulement une protection contre les intempéries : c’est aussi une condition essentielle pour se soigner, retrouver une stabilité et préserver sa santé.









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