CULTURE

Opéra de Lyon : « L’Amour des trois oranges » fait sensation pour l’ouverture de la saison

Opéra de Lyon : « L’Amour des trois oranges » fait sensation pour l’ouverture de la saison
Opéra de Lyon : « L’Amour des trois oranges » fait sensation pour l’ouverture de la saison

L’Opéra de Lyon ouvre sa saison 2026-2027 avec une œuvre aussi extravagante que réjouissante. Depuis le début du mois d’octobre, l’institution lyonnaise présente « L’Amour des trois oranges », célèbre opéra de Sergueï Prokofiev, dans une mise en scène signée Laurent Pelly et sous la direction musicale de Dmitry Matvienko. À l’affiche jusqu’au 20 octobre, cette production mêle humour, fantaisie et démesure scénique autour d’un conte inspiré de l’univers de la commedia dell’arte. Le spectacle s’inscrit dans la programmation imaginée par Richard Brunel, directeur général et artistique de l’Opéra de Lyon, qui a souhaité placer cette nouvelle saison sous le signe de la transformation et de la joie. Le choix de cette œuvre, créée à Chicago en 1921 et interprétée en français, permet à l’établissement de proposer une ouverture accessible et spectaculaire, tout en valorisant l’inventivité du répertoire lyrique du XXe siècle.

Inspiré d’une pièce du dramaturge italien Carlo Gozzi, « L’Amour des trois oranges » raconte les aventures d’un prince mélancolique dont la guérison passe par une quête aussi improbable qu’absurde. Victime d’une malédiction, le jeune homme se lance à la recherche de trois oranges mystérieuses, entraînant le spectateur dans un univers peuplé de personnages fantastiques, de situations burlesques et de rebondissements inattendus. Laurent Pelly, reconnu pour son travail sur les opéras comiques et les grandes productions lyriques, exploite pleinement les possibilités théâtrales de cette histoire. Sa mise en scène joue avec les conventions du spectacle, notamment en faisant intervenir les chœurs comme des protagonistes capables de perturber les codes habituels de la représentation. Les costumes, les décors et les effets visuels participent à cette esthétique volontairement décalée, tandis que la partition de Prokofiev accompagne les péripéties avec une énergie rythmique particulièrement marquée.

Une production ambitieuse qui poursuit sa tournée en France

Cette nouvelle présentation lyonnaise réunit deux personnalités artistiques aux approches complémentaires. Laurent Pelly apporte sa maîtrise du théâtre musical et son goût pour les univers visuels singuliers, tandis que le chef Dmitry Matvienko dirige une partition réputée pour ses contrastes, sa vivacité et ses exigences orchestrales. L’œuvre de Prokofiev alterne passages satiriques, moments lyriques et séquences musicales particulièrement dynamiques, imposant une grande précision aux chanteurs comme aux musiciens. La production lyonnaise conserve également l’utilisation du français, langue dans laquelle l’opéra avait été créé aux États-Unis il y a plus d’un siècle. Ce choix contribue à rendre l’intrigue immédiatement compréhensible pour le public francophone, sans atténuer le caractère insolite du livret. Au-delà des représentations programmées à Lyon, le spectacle bénéficie d’une circulation nationale. Une version de concert est notamment annoncée à Paris ce mercredi 14 octobre, avant de prochaines présentations à Strasbourg et à Mulhouse.

Avec cette ouverture de saison, l’Opéra de Lyon confirme sa volonté de conjuguer exigence musicale et dimension populaire du spectacle vivant. Dans un secteur culturel confronté à des contraintes budgétaires et à la nécessité de renouveler ses publics, le choix d’une œuvre aussi inventive constitue également une orientation artistique significative. « L’Amour des trois oranges » offre en effet plusieurs niveaux de lecture : derrière son apparente légèreté, l’opéra détourne les conventions du conte traditionnel et multiplie les références au théâtre, à ses artifices et à ses rapports avec le public. Cette richesse permet à la production de s’adresser aussi bien aux amateurs d’art lyrique qu’aux spectateurs moins familiers du répertoire. En donnant une place centrale à l’humour et à l’imagination, Richard Brunel et ses équipes défendent une conception de l’opéra qui ne se limite pas à la conservation des grandes œuvres, mais cherche également à les faire dialoguer avec les attentes contemporaines. Une ambition que cette nouvelle production de Prokofiev incarne dès les premières semaines de la saison lyonnaise.

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