La vente de boissons énergisantes aux moins de 16 ans pourrait être interdite en France. Dans un rapport présenté mercredi 7 octobre à l’Assemblée nationale, les députés Sandrine Runel, socialiste, et Yannick Neuder, membre des Républicains et ancien ministre de la Santé, recommandent cette restriction pour protéger les jeunes consommateurs. Ils proposent également de retirer ces produits des distributeurs automatiques. Ces mesures restent des recommandations parlementaires et ne constituent pas une interdiction entrée en vigueur.
Les rapporteurs s’inquiètent de l’exposition des enfants et des adolescents à ces boissons commercialisées pour leurs propriétés stimulantes. Leur teneur en caféine constitue un enjeu sanitaire majeur : les jeunes y sont particulièrement sensibles. L’Assurance maladie rappelle que cette consommation peut perturber le sommeil et entraîner des effets indésirables, notamment de l’anxiété ou des troubles cardiovasculaires. Le rapport relève aussi les risques liés à une consommation excessive, éventuellement associée à l’alcool.
Une restriction de vente accompagnée de prévention
Pour les deux députés, limiter l’accès doit s’accompagner d’un travail pédagogique sur la fatigue et les habitudes de consommation. L’enjeu est d’éviter que ces boissons deviennent une réponse banalisée au manque de sommeil. Une éventuelle interdiction nécessiterait toutefois de préciser les produits concernés et les modalités de contrôle de l’âge. Son efficacité dépendrait également de son application dans les différents circuits de distribution, au-delà des seuls commerces physiques.
La mission s’est aussi penchée sur les boissons alcoolisées prêtes à boire, dont certaines associent alcool et ingrédients stimulants. Elle recommande notamment d’élargir la taxe sur les prémix à celles dépassant 12 % d’alcool et de renforcer les contrôles de la vente d’alcool aux mineurs. Selon Sandrine Runel, ces propositions doivent alimenter des amendements au budget de la Sécurité sociale pour 2027 ainsi qu’une proposition de loi. Le débat parlementaire devra donc transformer ces orientations en dispositions précises avant qu’elles puissent modifier les règles de vente.

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