D’un côté, Renault appuie sur l’accélérateur électrique. La montée en puissance de ses nouveaux modèles, la vitrine très médiatisée de la Renault 5 et la structuration autour d’Ampere pour le véhicule électrique et le logiciel dessinent une trajectoire lisible, presque scolaire, dans un marché européen devenu moins docile qu’hier.
La demande en VE est plus heurtée qu’entre 2021 et 2023, les débats sur le bonus écologique s’invitent dans les concessions et la concurrence, notamment chinoise, s’installe comme un bruit de fond. Malgré ce décor, le groupe met en avant une stratégie orientée « valeur », avec des marges et une génération de cash mieux tenues, signe qu’il ne veut plus courir après les volumes à n’importe quel prix.
Dacia, l’équation impossible du « pas cher » à l’ère du CO₂
Face à cette montée en gamme assumée, Dacia encaisse plus directement les bourrasques. La marque « value for money » vit sur une promesse simple, des voitures accessibles, robustes, sans fioritures, sauf qu’en 2026, l’accessibilité se négocie au centime près. Inflation, coûts industriels, pression réglementaire sur le CO₂, arbitrages entre équipements attendus et prix plancher, tout remonte d’un cran. Denis Le Vot défend une électrification « pragmatique », hybride quand c’est tenable, électrique quand le ticket reste acceptable, avec la Spring en étendard de l’entrée de gamme. Sauf que les règles du bonus et le fameux score environnemental peuvent changer la donne en une saison, surtout pour les modèles produits hors Europe, et le client Dacia, lui, ne fait pas de poésie, il fait ses comptes.
Reste une ligne de crête pour Luca de Meo et son groupe, avancer vite sur l’électrique sans laisser sur le bord de la route ceux qui viennent d’abord chercher un prix. La séparation des activités, Ampere d’un côté, Horse pour le thermique et l’hybride de l’autre, donne de la clarté industrielle, mais elle ne dissout pas la question politique et commerciale, comment électrifier massivement sans faire exploser la facture. Renault peut viser la marge sur des modèles plus désirables, Dacia doit protéger son ADN tout en respectant les normes qui se durcissent. Les prochains mois diront si le duo peut garder cette complémentarité, l’un en éclaireur du VE, l’autre en rempart du pouvoir d’achat, dans un marché où chaque ajustement de prix ressemble à un coup de vent de plus.
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