La Chine a interdit à Meta d’acquérir la start-up d’intelligence artificielle Manus, invoquant des préoccupations liées à la sécurité nationale. Cette décision, révélée par le Wall Street Journal, contraint le groupe américain à envisager l’abandon de l’opération, dans un contexte de tensions croissantes entre Pékin et Washington sur les technologies stratégiques.
Meta, maison mère de Facebook, avait annoncé en décembre un accord pour racheter Manus, un agent d’intelligence artificielle développé par une société fondée en Chine mais désormais installée à Singapour. L’entreprise américaine espérait intégrer cet outil à grande échelle, afin de renforcer ses services et proposer de nouvelles solutions aux entreprises.
Mais le 27 avril, la Commission nationale du développement et de la réforme, principal organe de planification économique chinois, a annoncé qu’elle interdisait « l’investissement étranger dans l’acquisition du projet Manus » et demandait aux parties impliquées de se retirer. Si le communiqué ne mentionne pas explicitement Meta, le groupe a affirmé que la transaction respectait « pleinement la législation applicable » et s’attend à une issue adaptée à l’enquête en cours.
Ce blocage n’a pas surpris certains analystes, qui anticipaient des obstacles réglementaires dans un climat de rivalité technologique accrue entre les États-Unis et la Chine. Selon plusieurs sources, les autorités chinoises avaient déjà restreint les déplacements des cofondateurs de Manus, tandis que les investisseurs de la start-up avaient commencé à percevoir des retombées financières liées à l’opération.
Au-delà de ce cas, cette décision illustre l’importance stratégique croissante de l’intelligence artificielle. « L’IA est désormais un secteur tellement stratégique que les grandes puissances vont renforcer leur contrôle sur ces entreprises », souligne Wang Zichen, du Centre pour la Chine et la mondialisation. Pékin semble également réagir au repositionnement de Manus, qui avait cessé de proposer ses services en Chine pour se tourner vers des marchés internationaux.
Ce précédent pourrait influencer durablement les choix des start-up technologiques, notamment en matière d’implantation et de marchés cibles. Il confirme surtout que l’intelligence artificielle est devenue un enjeu central de souveraineté et de compétition entre les grandes puissances.
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