Le Premier ministre britannique Keir Starmer a échappé mardi au lancement d’une enquête parlementaire visant à déterminer s’il avait trompé le Parlement dans l’affaire de la nomination controversée de Peter Mandelson comme ambassadeur aux États-Unis. Cette décision intervient alors que la polémique continue de fragiliser son gouvernement.
À l’issue de plus de cinq heures de débats à la Chambre des communes, les députés ont rejeté la motion demandant l’ouverture d’une enquête. Le texte, soutenu par la cheffe de l’opposition conservatrice Kemi Badenoch, a été repoussé par 335 voix contre 223. Malgré la large majorité travailliste, ce vote a révélé des divisions internes, plusieurs élus du Labour ayant soutenu la motion.
L’affaire remonte à la nomination de Peter Mandelson, figure influente mais controversée du parti travailliste, au poste d’ambassadeur à Washington, malgré ses liens passés avec Jeffrey Epstein. Keir Starmer est accusé par ses opposants d’avoir induit en erreur les députés en affirmant que la procédure de nomination avait été respectée.
La controverse s’est intensifiée après la révélation qu’une habilitation de sécurité avait été accordée à Mandelson en janvier 2025 malgré un avis défavorable des services compétents. Le Premier ministre affirme ne pas avoir été informé de cet avis et a limogé un haut responsable du ministère des Affaires étrangères pour ce manquement.
Devant les parlementaires, Keir Starmer a reconnu une « erreur de jugement » dans cette nomination, Mandelson ayant finalement été démis de ses fonctions en septembre 2025. Il a toutefois rejeté toute accusation de mensonge et nié que Downing Street ait exercé des pressions pour accélérer le processus.
Le malaise s’étend désormais au sein même du Labour. Certains députés dénoncent une gestion opaque du dossier, estimant que le refus d’une enquête alimente les soupçons. En parallèle, l’opposition accuse le gouvernement de vouloir étouffer l’affaire à l’approche d’élections locales qui s’annoncent difficiles pour les travaillistes.
Cette séquence politique rappelle les précédents récents au Royaume-Uni, notamment le scandale du « Partygate » qui avait conduit à la chute de Boris Johnson. Bien que Keir Starmer ait évité une enquête formelle, l’affaire Mandelson continue de peser sur son autorité et sur la crédibilité de son gouvernement.
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