La sécheresse vient compliquer les négociations annuelles sur le prix du lait, alors que les éleveurs font face à une baisse de leur rémunération et à des réserves de fourrage insuffisantes pour l’hiver. Producteurs, industriels et distributeurs s’apprêtent à engager une nouvelle bataille autour du partage de la valeur, dans un marché marqué par une production abondante.
Le mécanisme est désormais bien établi : les organisations de producteurs négocient avec les coopératives et les industriels privés les formules qui servent de base au prix payé aux éleveurs. Ces discussions alimentent ensuite les négociations entre industriels et grande distribution. Encadrées par les lois Egalim, elles doivent notamment garantir la prise en compte du coût de la matière première agricole. Mais après une période plus favorable aux producteurs, la filière connaît un nouveau retournement.
Les réserves de fourrage inquiètent les éleveurs
En 2025, la collecte française avait atteint 23,5 milliards de litres et le prix moyen du lait conventionnel s’était établi à 496 euros pour 1.000 litres. Depuis, la baisse des cours du beurre, l’abondance de lait sur les marchés et la hausse des coûts liés notamment au carburant, à l’énergie et aux emballages ont fragilisé l’équilibre économique de la filière. En juillet, le prix payé aux éleveurs était retombé à 448 euros pour 1.000 litres, selon les chiffres officiels.
La sécheresse aggrave désormais les difficultés. La pousse cumulée des prairies affichait au 10 septembre un déficit de 39% par rapport à la moyenne de référence, obligeant certains éleveurs à puiser plus tôt que prévu dans leurs stocks. La FNPL estime qu’il manque environ 100 euros par 1.000 litres pour couvrir les coûts actuels et réclame notamment une aide de 300 euros par vache. Producteurs et industriels s’accordent au moins sur un point : une hausse de quelques centimes du prix du lait pourrait devenir nécessaire pour préserver l’équilibre de la filière.

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