Les réalisateurs français Gaël Mocaër et Sebastian Perez Pezzani, ainsi que leur collaborateur togolais Fred Vedomey, ont obtenu une remise en liberté provisoire après plus d’un mois de détention au Togo. Les trois hommes avaient été arrêtés le 27 juillet dans le nord du pays pendant le tournage d’un documentaire.
L’équipe réalisait un épisode de l’émission Les Routes de l’impossible, diffusée sur France Télévisions. Sebastian Perez Pezzani, malade, avait été libéré le premier à la fin du mois d’août afin de recevoir des soins à Lomé. Placé sous contrôle judiciaire, il avait dû remettre son passeport aux autorités togolaises.
Des poursuites pour « fausses déclarations »
Gaël Mocaër et Fred Vedomey ont été libérés mardi soir, une information confirmée le lendemain par leur avocat Martial Akakpo. Les conditions précises de leur remise en liberté et les éventuelles restrictions qui leur sont imposées n’ont pas encore été communiquées. Les trois hommes restent inculpés pour « fausses déclarations ». Les autorités togolaises affirment avoir relevé plusieurs irrégularités dans la préparation et l’exécution de leur mission. Elles leur reprochent notamment d’avoir utilisé un drone dans le nord du Togo, une région confrontée à des attaques djihadistes récurrentes et soumise à d’importantes mesures de sécurité.
La société de production conteste ces accusations et assure que l’équipe disposait des autorisations nécessaires pour travailler dans le pays. Leur avocat affirme également que les trois hommes ne reconnaissent pas les faits qui leur sont reprochés. La liberté provisoire ne met donc pas fin à la procédure judiciaire. Cette affaire intervient dans un contexte sensible pour la liberté de la presse au Togo, classé 97e sur 180 pays par Reporters sans frontières. Dirigé depuis 2005 par Faure Gnassingbé, qui a succédé à son père après 38 années de pouvoir, le pays reste régulièrement critiqué pour les restrictions imposées aux journalistes et aux professionnels de l’information.

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