Vincent Bolloré a engagé une offensive judiciaire particulièrement rare contre plusieurs magistrats parisiens. Le 21 mai 2026, l’homme d’affaires a déposé une plainte visant notamment des faits présumés d’« association de malfaiteurs », d’« entrave à l’exercice de la justice » et d’« abus d’autorité ». Cette démarche intervient après son renvoi devant le tribunal correctionnel dans une affaire de corruption liée aux activités de son ancien groupe au Togo.
Les enquêteurs soupçonnent Havas d’avoir fourni, en 2010, des prestations de communication politique à un tarif sous-évalué pour accompagner la campagne présidentielle de Faure Gnassingbé. En contrepartie, le groupe Bolloré aurait bénéficié d’avantages concernant la gestion du terminal à conteneurs du port de Lomé. Vincent Bolloré conteste cette interprétation et nie l’existence d’un échange entre le soutien électoral apporté au dirigeant togolais et les intérêts commerciaux de son groupe.
Un accord judiciaire rejeté au cœur de la bataille
Une procédure de comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité avait été négociée avec le Parquet national financier. Elle prévoyait notamment une amende de 375 000 euros pour Vincent Bolloré, tandis qu’un accord distinct conclu avec le groupe portait sur 12 millions d’euros. La juge chargée d’homologuer la procédure avait toutefois refusé de valider la peine proposée à l’homme d’affaires, la considérant insuffisante au regard de la gravité des faits présumés.
Les avocats de Vincent Bolloré accusent désormais certains magistrats d’avoir agi de manière concertée pour faire échouer cet accord et provoquer un procès public. Cette plainte ne remet pas automatiquement en cause la procédure principale, dont l’audience est annoncée pour décembre 2026. Elle ouvre toutefois un nouveau front judiciaire dans un dossier devenu emblématique des difficultés rencontrées par la justice française pour enquêter sur les relations entre grandes entreprises, contrats portuaires et pouvoir politique en Afrique.

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