Diffusée samedi soir sur France 2, l’émission Quelle époque fait face à une polémique après la diffusion d’une séquence dans laquelle Thierry Ardisson comparait la situation de Gaza à Auschwitz. Si l’animateur voulait faire un parallèle sur le fait que dans les deux cas, beaucoup savaient mais ne font rien, certains se sont indignés. Alors que l’émission est enregistrée la veille et montée avant diffusion, la décision de maintenir ces images à l’antenne est contestée.
Dans un communiqué publié hier, la production de Quelle époque a réagi, tout en évitant d’entrer dans les détails concernant les choix éditoriaux. Le texte reconnaît la « compréhension » des réactions suscitées, tout en insistant sur le fait que Thierry Ardisson « s’en est excusé ». Aucune excuse n’est toutefois formulée au nom de l’émission ou de France Télévisions.
La production rappelle également que Quelle époque a traité à plusieurs reprises des questions liées à l’antisémitisme, à la Shoah et aux attaques du 7 octobre 2023 en Israël, soulignant son engagement contre la banalisation de la haine. « Depuis le 7 octobre, les actes antisémites ont explosé dans notre pays. Personne ne peut y rester indifférent », peut-on lire dans le communiqué.
Le Crif s’indigne à son tour
Cette justification n’a pas suffi à calmer la polémique. Sur les réseaux sociaux, plusieurs personnalités politiques, dont des élus de la majorité et de l’opposition, ont exprimé leur désapprobation. Le président du Crif, Yonathan Arfi, a lui aussi réagi sur X, estimant que « ce type de propos ne peut avoir sa place dans une émission de service public, encore moins sans réaction sur le plateau ».
Ardisson antisémite ? Des accusations un peu rapides
Dans un court message publié dimanche midi sur Instagram, Thierry Ardisson a présenté ses excuses « à celles et ceux qui ont été choqués », ajoutant qu’il n’avait « à aucun moment voulu blesser » et affirmant que ses propos avaient été sortis de leur contexte.
Rappelons tout de même que Thierry Ardisson a fait un parallèle entre Auschwitz et Gaza non pas sur le nombre de morts ni la nature des horreurs commises, mais sur le fait que dans les deux cas, beaucoup de gens savaient ce qu’il se passait mais n’ont pas agi pour autant. Et en ce sens, l’accuser d’antisémitisme semble très exagéré…