Un nouveau témoignage vient bouleverser les thèses médicales présentées au procès sur la mort de Diego Maradona. Devant le tribunal de San Isidro, près de Buenos Aires, le médecin légiste Pablo Ferrari a affirmé que l’ancien numéro 10 argentin était décédé de manière soudaine, contestant ainsi les conclusions d’autres experts qui avaient évoqué une agonie prolongée.
Pablo Ferrari, dernier témoin de la défense entendu lors de cette 44e audience, a travaillé à partir de l’autopsie et des antécédents médicaux de l’ancien champion du monde. Sa conclusion est catégorique : « C’était une mort foudroyante. »
Une mort en quelques minutes selon le médecin légiste
Diego Maradona est mort le 25 novembre 2020 à l’âge de 60 ans, alors qu’il poursuivait sa convalescence dans une maison après une intervention neurochirurgicale. Depuis l’ouverture du procès, la durée de son agonie constitue l’un des éléments médicaux débattus devant les juges.
Un précédent témoignage avait notamment avancé que Diego Maradona aurait pu agoniser pendant plusieurs heures. Pablo Ferrari conteste cette hypothèse en s’appuyant notamment sur l’état du corps observé lors de l’autopsie. Selon lui, un patient victime d’un manque d’oxygène prolongé aurait dû présenter des traces physiques témoignant d’une lutte pour respirer. Or le médecin assure que de telles lésions n’ont pas été retrouvées. Il a expliqué devant le tribunal : « Personne en train de se noyer ne cesse de se battre pour l’oxygène. Le patient qui s’asphyxie est désespéré. Or là, il n’y avait aucune lésion due à une lutte. » Pour le légiste, ces constatations ne permettent donc pas de retenir le scénario d’une longue agonie.
L’hypothèse du Covid-19 apparaît au procès
Pablo Ferrari a également soulevé une autre possibilité concernant les causes du décès : celle d’une infection au Covid-19. Diego Maradona est mort en novembre 2020, alors que la pandémie frappait durement l’Argentine et une grande partie du monde.
Le médecin légiste a estimé qu’une vérification supplémentaire aurait dû être effectuée lors de l’autopsie. Il a dénoncé « une erreur méthodologique de ne pas avoir fait » un test permettant de déterminer si l’ancien footballeur était contaminé par le coronavirus. Ferrari a ainsi affirmé : « On ne peut exclure qu’il soit mort du Covid. » Il n’a toutefois pas présenté cette possibilité comme la cause établie du décès. Aucun élément ne permet donc, à ce stade, d’affirmer que Diego Maradona était effectivement atteint du Covid-19 lorsqu’il est mort.
Sept professionnels de santé toujours jugés
Le procès doit déterminer si des fautes ou négligences commises pendant l’hospitalisation à domicile de Diego Maradona ont contribué à son décès. Sept professionnels de santé sont poursuivis et contestent tous leur responsabilité. La prise en charge médicale de l’ancien joueur est au cœur des débats depuis le début de la procédure. Les circonstances de sa mort et les responsabilités éventuelles de son équipe médicale font l’objet d’une longue bataille judiciaire.
La justice doit notamment déterminer si l’état de santé extrêmement fragile de Maradona rendait son décès difficilement évitable ou si une surveillance médicale différente aurait pu permettre une intervention avant son arrêt cardiorespiratoire.
Le procès entre dans sa dernière ligne droite
Le témoignage de Pablo Ferrari clôt les auditions des témoins de la défense. Après 44 audiences consacrées aux circonstances de la disparition de l’une des plus grandes légendes du football, le procès va désormais entrer dans sa phase finale.
Les déclarations finales de plusieurs accusés sont attendues la semaine prochaine. Les réquisitions et les plaidoiries doivent ensuite se poursuivre jusqu’à la fin du mois d’octobre. Les sept professionnels de santé jugés continuent de nier toute responsabilité pénale dans la mort de Diego Maradona. Ils encourent jusqu’à 25 ans de prison s’ils sont reconnus coupables.

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