Mis en cause pour l’achat de cocaïne, Laurent Vallet a été suspendu de ses fonctions à la tête de l’Institut national de l’audiovisuel. C’est Agnès Chauveau, actuelle directrice générale déléguée, qui lui succède provisoirement.
Une nomination en urgence après l’interpellation de Laurent Vallet
Le ministère de la Culture a tranché. Par un arrêté publié vendredi 15 août au Journal officiel, Rachida Dati a nommé Agnès Chauveau à la présidence par intérim de l’Institut national de l’audiovisuel (INA). Cette décision intervient après la suspension de Laurent Vallet, interpellé par la police le 29 juillet à son domicile parisien pour achat de cocaïne, comme l’a révélé Valeurs Actuelles et confirmé par l’AFP. Le désormais ex-président de l’institution, âgé de 55 ans, a déclaré « prendre acte » de sa suspension, en précisant qu’il comparaîtra début septembre devant le tribunal judiciaire de Paris dans le cadre d’une injonction thérapeutique.
Nommé une première fois en 2015, Laurent Vallet avait pourtant été reconduit pour un troisième mandat en mai dernier, sur proposition de la même Rachida Dati. Il succédait alors à Agnès Saal, contrainte à la démission après un scandale de notes de taxi. Cette nouvelle affaire jette une ombre sur l’INA à un moment clé, alors que l’établissement est directement concerné par la grande réforme de l’audiovisuel public portée par la ministre, qui prévoit la création d’une holding baptisée France Médias regroupant également France Télévisions et Radio France.
Agnès Chauveau, un profil médiatique controversé à la tête de l’INA
Spécialiste reconnue du paysage audiovisuel, Agnès Chauveau connaît bien la maison : elle y travaille depuis 2015 et occupe depuis 2021 le poste de directrice générale déléguée. Figure connue des téléspectateurs de la chaîne LCP, elle intervient régulièrement dans l’émission Rembob’Ina, présentée par Patrick Cohen, où elle met en lumière les trésors des archives audiovisuelles françaises.
Mais sa nomination ne manque pas de susciter quelques remous. En 2015, elle avait été licenciée de son poste de directrice de l’école de journalisme de Sciences Po Paris, après que le site Arrêt sur Images a révélé plusieurs cas de plagiat dans ses chroniques publiées dans le Huffington Post et diffusées sur France Culture. Agnès Chauveau avait alors reconnu les faits, évoquant des « oublis involontaires de citation ».
Malgré ce passé controversé, son expérience au sein de l’INA et sa connaissance du secteur en font un choix jugé cohérent pour assurer la continuité à la tête de l’institution. Elle devra, dans les prochains mois, gérer la transition en pleine réforme structurelle, et tenter de restaurer l’image d’un établissement marqué par plusieurs scandales successifs au sommet.