Chico Bouchikhi, ancien membre fondateur des Gipsy Kings, sort du silence. Dans un communiqué de presse, l’artiste affirme avoir été « profondément choqué » par le documentaire Gipsy Kings : le temps des gitans, écrit et réalisé par Richard Minier et coproduit par Arte. Selon lui, le film prétend retracer « la saga musicale, nomade et chaleureuse » du groupe, mais omettrait de donner la parole à trois cofondateurs historiques : Nicolas Reyes, Tonino Baliardo et Chico Bouchikhi lui-même.
Un documentaire incomplet et déséquilibré
Chico Bouchikhi reproche au documentaire de minimiser son rôle dans la construction du groupe et de réattribuer à d’autres certaines contributions qu’il revendique comme déterminantes dans le succès international des Gipsy Kings. Dans son communiqué, il estime que le film poursuit « un seul objectif » : réduire sa place dans l’histoire du groupe. Il dénonce une lecture qu’il considère comme partielle, voire orientée, de la naissance et de l’ascension des Gipsy Kings.
Le nom « Gipsy Kings »au cœur de la polémique
Parmi les points les plus sensibles, Chico Bouchikhi revendique la paternité du nom Gipsy Kings. Il explique qu’à l’époque, le groupe évoluait autour du nom Los Reyes, mais que cette appellation pouvait prêter à confusion avec d’autres formations, notamment sud-américaines. Selon lui, il fallait un nom plus international, plus facilement identifiable, et en anglais. Il affirme également que la productrice Jacqueline Tarta, à qui le documentaire attribuerait cette idée, aurait déjà reconnu qu’il était bien à l’origine de cette dénomination.
La réunion des familles Reyes et Baliardo revendiquée par Chico
Autre point contesté : la formation même du noyau artistique du groupe. Chico Bouchikhi affirme avoir joué un rôle décisif dans le rapprochement des familles Reyes et Baliardo, pilier de l’identité musicale des Gipsy Kings. Il rappelle que chaque famille souhaitait au départ rester dans son propre cercle, avant qu’il ne tente de les convaincre de réunir leurs talents. Selon sa version, cette alliance artistique aurait été l’une des clés de la naissance d’un groupe singulier, capable de porter la rumba gitane sur la scène internationale.
Des crédits musicaux également contestés
Le communiqué pointe aussi ce que Chico Bouchikhi qualifie « d’autres contrevérités ». Il conteste notamment l’attribution à Claude Martinez de la « touche » musicale caractéristique des Gipsy Kings. D’après lui, Martinez n’était pas musicien et n’aurait jamais produit le groupe à ce moment-là. Chico Bouchikhi rappelle que les arrangements mêlant rumba gitane et rythmique électrique seraient, selon lui, l’œuvre de l’arrangeur et bassiste Gérard Prévost, dont le nom ne serait pas cité dans le documentaire.
Reste désormais à savoir si les auteurs du documentaire, Arte ou les autres membres historiques du groupe répondront à ces accusations. En attendant, Chico Bouchikhi pose clairement sa version : celle d’un fondateur qui estime avoir été écarté d’une histoire à laquelle il a largement contribué.

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