Le monde de la musique est en deuil. Ozzy Osbourne, chanteur emblématique de Black Sabbath et figure fondatrice du heavy metal, est décédé ce soir à l’âge de 76 ans, des suites de complications liées à la maladie de Parkinson, selon un communiqué officiel publié par sa famille.
« Il s’est éteint paisiblement, entouré de sa famille et de ses proches. Son courage et sa passion pour la musique ont inspiré des millions de fans à travers le monde », peut-on lire dans le message partagé sur ses réseaux sociaux.
Sa disparition intervient seulement quelques semaines après un concert d’adieu exceptionnel donné à Villa Park, le stade du club de football Aston Villa, à Birmingham, sa ville natale. Ce concert, intitulé “Back to the Beginning”, a réuni des groupes majeurs de la scène rock et metal, dont Metallica, Guns N’ Roses, Slayer et Judas Priest. L’événement, retransmis en direct et suivi par des millions de téléspectateurs dans le monde, avait été présenté comme le « dernier salut » d’Osbourne à ses fans.
Installé sur un trône sur scène, en raison de problèmes de mobilité persistants, le chanteur avait ému la foule en déclarant : « Vous n’avez aucune idée de ce que je ressens, merci du fond du cœur ».
De Black Sabbath à la légende mondiale
Né John Michael Osbourne le 3 décembre 1948 à Aston, un quartier ouvrier de Birmingham, Ozzy Osbourne devient célèbre à la fin des années 1960 en tant que chanteur de Black Sabbath, groupe qu’il fonde avec Tony Iommi, Geezer Butler et Bill Ward. Avec leur premier album Black Sabbath (1970), suivi du mythique Paranoid, le groupe impose une nouvelle esthétique musicale sombre, lourde et provocante, posant les fondations du heavy metal.
Des titres comme “Iron Man”, “Paranoid”, “War Pigs” et plus tard “Changes” marquent l’histoire du rock. En 1979, Osbourne est évincé du groupe pour ses excès, notamment liés à la drogue et à l’alcool.
Une carrière solo fulgurante
Contre toute attente, il rebondit aussitôt et entame une carrière solo triomphale. Son premier album, Blizzard of Ozz (1980), comprend le tube “Crazy Train”, devenu l’un des hymnes incontournables du genre. Il enchaîne les tournées à guichets fermés et publie plusieurs albums acclamés, comme Diary of a Madman (1981), No More Tears (1991) ou encore Ozzmosis (1995).
Ozzy Osbourne est intronisé deux fois au Rock and Roll Hall of Fame : une première fois avec Black Sabbath en 2006, puis en tant qu’artiste solo en 2024.
“The Prince of Darkness” et icône pop
Surnommé « The Prince of Darkness » (Le Prince des Ténèbres), Osbourne incarne à lui seul l’excès du rock : morsure de chauve-souris sur scène (1982), provocations, crises d’addiction, mais aussi autodérision constante. Il devient, malgré lui, un personnage culte de la culture pop.
En 2002, il accède à une notoriété encore plus vaste grâce à l’émission de télé-réalité The Osbournes, diffusée sur MTV. Aux côtés de sa femme et manager Sharon, et de leurs enfants Jack, Kelly et Aimee, Ozzy révèle un quotidien aussi chaotique qu’attachant. L’émission connaît un immense succès international et le montre sous un jour inattendu : celui d’un père de famille dépassé mais aimant.
Une fin de vie marquée par la maladie
En 2020, Ozzy annonce publiquement qu’il est atteint de la maladie de Parkinson, après plusieurs années de problèmes de santé. Il subit plusieurs interventions chirurgicales lourdes, dont une à la colonne vertébrale, l’obligeant à annuler plusieurs tournées. Malgré cela, il sort deux albums studio tardifs, Ordinary Man (2020) et Patient Number 9 (2022), salués par la critique, prouvant qu’il reste créatif jusqu’au bout.
Un héritage éternel
Ozzy Osbourne laisse derrière lui une empreinte indélébile dans l’histoire de la musique. Sa voix inimitable, ses compositions et son image gothique ont façonné plusieurs générations de musiciens, d’Iron Maiden à Slipknot, en passant par Marilyn Manson et Ghost. Il laisse également derrière lui Sharon, son épouse depuis plus de 40 ans, et leurs enfants. Il restera, à jamais, le visage du heavy metal.