Les Émirats arabes unis ont annoncé mardi avoir mis fin volontairement à la mission de leurs dernières unités antiterroristes au Yémen, marquant ainsi la fin totale de leur présence militaire dans le pays, selon un communiqué du ministère émirati de la Défense relayé par l’agence de presse officielle WAM.
Ces forces constituaient les derniers éléments encore déployés par Abou Dhabi, après le retrait officiel de l’essentiel du contingent militaire émirati en 2019. Le ministère a indiqué que cette décision faisait suite à une évaluation approfondie de la situation, menée à la lumière des récents développements sécuritaires et politiques dans le pays.
L’annonce intervient dans un contexte de fortes tensions régionales, quelques heures seulement après une frappe aérienne menée par une coalition dirigée par l’Arabie saoudite contre le port de Mukalla, dans le sud du Yémen. Riyad a affirmé que cette opération visait une cargaison d’armes constituant un soutien militaire étranger aux séparatistes du Sud, soutenus par les Émirats arabes unis.
Cette frappe a accentué les frictions entre Abou Dhabi et Riyad, alliés de longue date dans le conflit yéménite mais désormais en désaccord ouvert sur la conduite de la guerre et le soutien à différentes forces locales, notamment le Conseil de transition du Sud.
La guerre civile au Yémen, déclenchée en 2014, a opposé le gouvernement reconnu internationalement aux rebelles houthis, soutenus par l’Iran, tout en impliquant une mosaïque d’acteurs régionaux et locaux. Les Émirats arabes unis ont longtemps joué un rôle central dans les opérations militaires, en particulier dans le sud du pays, avant de réduire progressivement leur engagement.
Le retrait annoncé par Abou Dhabi pourrait modifier l’équilibre déjà fragile entre les forces anti-houthis et raviver les interrogations sur l’avenir du conflit, alors que les tensions entre alliés régionaux risquent de compliquer davantage toute perspective de stabilisation durable.