L’Arabie saoudite a exigé jeudi que le principal groupe séparatiste du sud du Yémen retire ses forces des provinces qu’il a récemment conquises, tout en affirmant rester optimiste quant à une désescalade. Cette prise de position intervient alors que le pays, en guerre civile depuis plus de dix ans, demeure divisé entre deux administrations rivales.
Dans un communiqué, le ministère saoudien des Affaires étrangères a qualifié d’« escalade injustifiée » les opérations militaires menées par le Conseil de transition du Sud (STC), qui s’est emparé au début du mois des provinces orientales d’Hadramaout et d’Al-Mahra. Riyad estime que ces actions risquent d’aggraver l’instabilité dans un pays déjà profondément fragilisé.
« Le royaume garde espoir que l’intérêt public l’emportera grâce à la fin de l’escalade orchestrée par le Conseil de transition du Sud et au retrait urgent et ordonné de ses forces des deux gouvernorats », précise le communiqué officiel. L’Arabie saoudite appelle ainsi à un retour au dialogue et à la préservation de l’unité territoriale du Yémen.
Le STC, soutenu par les Émirats arabes unis, faisait initialement partie de la coalition sunnite dirigée par Riyad, intervenue militairement au Yémen en 2015 pour combattre les Houthis, alliés de l’Iran. Toutefois, le groupe s’est ensuite retourné contre le gouvernement reconnu internationalement et a revendiqué une autonomie accrue pour le sud du pays.
Les séparatistes contrôlent déjà plusieurs zones stratégiques, dont Aden, grande ville portuaire où siège l’administration soutenue par l’Arabie saoudite. Leur récente avancée vers l’est renforce les craintes d’une fragmentation durable du pays et complique les efforts diplomatiques visant à mettre fin au conflit.
Cette nouvelle tension illustre la fragilité des équilibres au Yémen, où les rivalités internes au camp anti-houthi s’ajoutent à une guerre civile prolongée, faisant peser de lourdes incertitudes sur toute perspective de stabilisation à court terme.