Les autorités somaliennes ont annoncé l’ouverture d’une enquête après des accusations selon lesquelles un dirigeant séparatiste yéménite aurait transité par l’aéroport de Mogadiscio lors de sa fuite du Yémen. L’affaire intervient dans un contexte de fortes tensions régionales autour de la crise dans le sud yéménite.
L’Agence somalienne de l’immigration et de la citoyenneté a indiqué examiner les circonstances du passage de Aidarous al-Zubaidi, chef du Conseil de transition du Sud (CTS). La coalition dirigée par l’Arabie saoudite affirme que les Émirats arabes unis ont aidé à son exfiltration, une accusation qui, si elle était confirmée, pourrait aggraver les frictions entre les deux alliés du Golfe.
Selon la coalition, Zubaidi aurait quitté le Yémen par bateau pour le Somaliland, avant d’embarquer à bord d’un avion à destination de Mogadiscio. L’appareil aurait ensuite été localisé dans un aéroport militaire d’Abou Dhabi, soulevant des interrogations sur l’itinéraire exact et l’assistance dont il aurait bénéficié.
Les autorités somaliennes cherchent à déterminer si leurs infrastructures aéroportuaires ont servi au transit d’un « fugitif politique ». Elles ont averti que l’utilisation de leurs aéroports à cette fin, si elle était avérée, constituerait une violation grave de la souveraineté nationale.
La fuite de Zubaidi a coïncidé avec son absence aux pourparlers de crise prévus à Riyad pour tenter de résoudre les troubles dans le sud du Yémen. Le CTS a affirmé que son chef avait été sommé de se rendre en Arabie saoudite sous la contrainte, tandis que la situation sécuritaire restait instable dans plusieurs zones.
Cette enquête somalienne ajoute une dimension régionale supplémentaire à une crise déjà complexe, mêlant rivalités géopolitiques, luttes d’influence et enjeux sécuritaires, et pourrait avoir des répercussions sur les efforts diplomatiques visant à stabiliser le sud du Yémen.