Dans la bande de Gaza, des milliers de déplacés se préparent à affronter une nouvelle vague de pluies hivernales, alors que le froid s’installe durablement sur un territoire ravagé par la guerre. À Deir al-Balah, dans le centre de l’enclave, des familles vivent depuis près de deux ans sous des tentes de fortune, rafistolées avec des bâches usées, des morceaux de bois et des cartons récupérés dans les rues.
Pieds nus sur le sable humide, des enfants jouent malgré les températures basses, tandis que leurs parents tentent de renforcer des abris fragilisés par le vent et les intempéries. À l’intérieur des tentes, la lumière filtre à travers les trous des toiles déchirées. Les mères luttent contre l’humidité, faisant sécher tant bien que mal des vêtements trempés entre deux averses.
Le ministère de la Santé de Gaza affirme que des dizaines de personnes, dont un nourrisson de deux semaines, sont mortes ces dernières semaines d’hypothermie ou à la suite de l’effondrement de bâtiments endommagés par la guerre. Les organisations humanitaires réclament un accès élargi pour l’acheminement d’abris et d’une aide d’urgence, alors que la majorité du territoire est réduite à l’état de ruines et offre peu de refuges sûrs.
Cette crise humanitaire se déroule dans un contexte politique toujours incertain. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu est attendu prochainement à Washington, alors que des discussions se poursuivent autour de la deuxième phase du cessez-le-feu entré en vigueur le 10 octobre. Si la trêve tient globalement, les négociations avancent lentement, notamment sur le retrait des troupes israéliennes, le sort des otages encore détenus et l’avenir politique et sécuritaire de Gaza.
Les autorités israéliennes et le Hamas s’accusent mutuellement de violations de l’accord. Selon le ministère de la Santé de Gaza, plus de 400 Palestiniens ont été tués depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, tandis que des centaines de corps ont été retrouvés sous les décombres, rendus accessibles par la baisse de l’intensité des combats. Le bilan total de la guerre dépasse désormais les 71 000 morts, selon les autorités locales.
Parallèlement, les tensions se poursuivent en Cisjordanie occupée. L’armée israélienne mène des opérations dans plusieurs localités, dont Qabatiya, après une attaque meurtrière survenue en Israël. Des habitants dénoncent des couvre-feux stricts et des bouclages de routes, qu’ils considèrent comme une punition collective.
Dans l’attente d’un apaisement durable, les habitants de Gaza affrontent un hiver rigoureux sans moyens suffisants. Pour beaucoup, l’urgence n’est pas seulement diplomatique ou militaire, mais aussi la simple survie face au froid, à la pluie et au manque de tout.