Des centaines de personnes se sont rassemblées samedi sous la pluie et dans le froid devant une mosquée de Homs pour rendre un dernier hommage à huit fidèles tués la veille dans un attentat à l’explosif, un drame qui ravive les craintes de nouvelles violences confessionnelles en Syrie.
Les funérailles se sont déroulées à proximité de la mosquée Imam Ali ibn Abi Talib, située dans le quartier de Wadi al-Dhahab, majoritairement peuplé de membres de la minorité alaouite. Dix-huit autres personnes ont été blessées dans l’attaque de vendredi. Les autorités syriennes ont indiqué que des engins explosifs avaient été placés à l’intérieur de l’édifice, sans identifier officiellement de suspect à ce stade.
Un groupe peu connu se faisant appeler Saraya Ansar al-Sunna a revendiqué l’attentat sur Telegram, affirmant avoir visé des membres de la communauté alaouite, une branche de l’islam chiite que des courants islamistes radicaux considèrent comme apostate. Le même groupe avait déjà revendiqué une attaque suicide en juin contre une église orthodoxe grecque à Dweil’a, près de Damas, qui avait fait 25 morts.
Des habitants du quartier ont raconté avoir entendu une explosion « extrêmement puissante » avant de voir des fidèles paniqués fuir la mosquée. Plusieurs voisins sont entrés pour porter secours aux blessés. L’imam de la mosquée, le cheikh Mohieddin Salloum, légèrement blessé, a souligné que le lieu de culte, bien qu’alaouite, était ouvert aux musulmans d’autres confessions et accueillait régulièrement des fidèles sunnites.
Lors de la cérémonie, l’émotion et la colère étaient palpables, mais l’imam a appelé au calme, mettant en garde contre une spirale de représailles confessionnelles. Selon lui, l’objectif de l’attaque serait de provoquer des violences en chaîne entre communautés, alors que le pays tente de se relever de près de 14 années de guerre civile.
Depuis la chute de l’ancien président Bachar al-Assad en décembre 2024, la Syrie a connu plusieurs épisodes de tensions confessionnelles. En mars, une embuscade menée par des partisans de l’ancien régime contre les forces de sécurité avait déjà déclenché des violences meurtrières, touchant principalement la communauté alaouite.
Les autorités syriennes ont condamné l’attentat et promis de traduire les responsables en justice. Les fidèles ont prié à l’extérieur de la mosquée, toujours bouclée pour les besoins de l’enquête, avant d’accompagner les cercueils en cortège vers les lieux d’inhumation, certains scandant « Ya Ali », en référence à Ali, figure centrale de l’islam chiite.