L’OMS craint que l’épidémie d’Ebola au Congo soit plus importante qu’annoncé
L’OMS craint que l’épidémie d’Ebola au Congo soit plus importante qu’annoncé

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a averti vendredi que de nombreux « angles morts » subsistaient dans le suivi de l’épidémie d’Ebola qui touche la République démocratique du Congo, laissant craindre que l’ampleur réelle de la propagation soit supérieure aux chiffres officiels.

Les autorités congolaises ont annoncé cette semaine que la maladie s’était étendue à trois nouvelles zones sanitaires. Selon les données officielles, l’épidémie a déjà provoqué 676 cas confirmés et 136 décès. La maladie a également franchi les frontières du pays et s’est propagée à l’Ouganda voisin.

Olivier le Polain, épidémiologiste de l’Organisation mondiale de la santé basé à Beni, dans l’est du Congo, a expliqué que certaines régions considérées comme à haut risque restaient insuffisamment surveillées.

« Il reste encore de nombreux angles morts dans certaines zones à haut risque », a-t-il déclaré, soulignant la nécessité de renforcer rapidement les systèmes de surveillance afin d’identifier les nouveaux cas et de limiter la transmission du virus.

Les équipes médicales font également face à un manque important de capacités d’accueil. Selon l’OMS, seulement 250 lits d’isolement sont actuellement disponibles dans les trois provinces touchées par l’épidémie. Cette situation complique la prise en charge des malades et augmente les risques de propagation.

L’épidémie actuelle est provoquée par la souche Bundibugyo du virus Ebola, une variante rare pour laquelle aucun vaccin ni traitement homologué n’existe actuellement. Cette particularité rend la lutte contre la maladie plus difficile que lors de précédentes flambées épidémiques où des vaccins avaient pu être déployés.

Les autorités sanitaires congolaises, avec le soutien de l’OMS et d’autres organisations internationales, poursuivent leurs efforts pour identifier les chaînes de transmission, renforcer le dépistage et améliorer les capacités d’isolement dans les zones les plus affectées.

Face à la progression de la maladie et aux difficultés de surveillance sur le terrain, les experts estiment que les prochaines semaines seront déterminantes pour contenir cette nouvelle épidémie et éviter une propagation plus large en Afrique centrale.

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