La crise alimentaire dans le nord du Nigeria atteint son niveau le plus grave depuis près de dix ans, a averti le Programme alimentaire mondial (PAM). Selon l’organisation, plus de 17 millions de personnes vivant dans neuf États touchés par les conflits sont confrontées à une insécurité alimentaire aiguë, sous l’effet combiné de la violence, des déplacements de population et du manque de financements humanitaires.
La dernière analyse de la sécurité alimentaire révèle une aggravation de la situation, avec près de deux millions de personnes supplémentaires confrontées à une situation de crise, d’urgence ou de faim catastrophique par rapport aux projections précédentes. Le PAM estime que cette dégradation intervient à un moment particulièrement critique, durant la période de soudure, lorsque les réserves alimentaires des ménages sont généralement épuisées avant les prochaines récoltes.
L’État de Borno, épicentre de l’insurrection islamiste qui frappe le nord-est du pays depuis plusieurs années, est particulièrement touché. Plus de trois millions de personnes y souffrent d’insécurité alimentaire aiguë, dont plus de 750 000 sont confrontées à des conditions de famine extrêmement sévères.
Selon le PAM, les groupes armés présents dans le nord-est ainsi que les bandes criminelles opérant dans d’autres régions du nord empêchent les agriculteurs d’accéder à leurs terres, déplacent des communautés entières et compliquent considérablement l’acheminement de l’aide humanitaire. Cette insécurité contribue à aggraver une crise déjà alimentée par l’inflation et les difficultés économiques.
Le directeur régional du PAM pour l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale, Kinday Samba, a averti que le manque d’accès à la nourriture accroît les risques de déplacements, d’exploitation et d’instabilité. Il a également souligné que la violence continue de s’étendre à de nouvelles zones, contraignant davantage de familles à abandonner leurs terres agricoles.
Face à l’ampleur de la crise, le PAM indique qu’il ne dispose plus des ressources nécessaires pour répondre à tous les besoins. L’agence précise qu’elle ne pourra venir en aide qu’à moins de la moitié des 1,3 million de personnes qu’elle avait assistées l’an dernier dans trois États du nord-est. Pour maintenir ses opérations alimentaires, nutritionnelles et logistiques au cours des six prochains mois, elle estime avoir besoin d’un financement d’urgence de 89 millions de dollars.
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