Trente-et-une organisations représentant des artistes et des managers dans une vingtaine de pays ont dénoncé mardi le manque de transparence entourant les accords conclus entre l’industrie musicale et les entreprises d’intelligence artificielle. Dans une lettre ouverte, elles s’inquiètent du développement de licences permettant à des sociétés d’IA d’utiliser des catalogues musicaux protégés par le droit d’auteur sans consultation suffisante des créateurs.
Ces critiques interviennent alors que de grands groupes comme Universal Music Group et Warner Music Group ont récemment signé des accords autorisant l’exploitation d’œuvres musicales par des outils d’intelligence artificielle, en échange d’une rémunération globale. Pour les organisations signataires, les artistes sont pourtant au cœur de la valeur de ces contrats mais restent largement tenus à l’écart des négociations.
Les artistes réclament un consentement éclairé
Le collectif estime que de nombreux musiciens découvrent après coup que leurs œuvres sont intégrées aux catalogues mis à disposition des entreprises d’IA. Selon lui, les conditions de rémunération et d’utilisation des créations demeurent souvent floues, tandis que les artistes ne disposent pas toujours d’un véritable choix concernant l’exploitation de leur travail.
Les organisations dénoncent également l’apparition de clauses liées à l’intelligence artificielle dans certains nouveaux contrats proposés par les labels. Ces dispositions seraient parfois imposées comme condition préalable à la signature, plaçant les créateurs devant le fait accompli. Les signataires réclament ainsi un « consentement libre et éclairé » pour toute utilisation des œuvres par des systèmes d’IA.
Pour le collectif, la question dépasse le simple cadre technologique. Elle touche directement aux droits d’auteur, à la rémunération des artistes et au contrôle de leurs créations. Les organisations appellent donc les maisons de disques, les éditeurs et les entreprises d’intelligence artificielle à davantage de transparence afin que les musiciens puissent participer pleinement aux décisions concernant l’exploitation de leurs œuvres dans l’économie émergente de l’IA.
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