Vague d’attaques djihadistes au Mali : deux nouveaux postes militaires ciblés, la junte en difficulté
Vague d’attaques djihadistes au Mali : deux nouveaux postes militaires ciblés, la junte en difficulté

Bamako – Le Mali a été une nouvelle fois frappé par une série d’attaques djihadistes ces dernières 48 heures, visant deux installations militaires situées à l’est du pays. Ces attaques marquent une intensification de la violence islamiste et soulignent la difficulté persistante de la junte au pouvoir à rétablir la sécurité malgré ses promesses.

Selon les autorités maliennes, un poste de sécurité situé à Mahou, près de la frontière burkinabè, a été la cible d’une attaque dans la nuit de mercredi à jeudi. Des renforts terrestres et aériens ont été immédiatement mobilisés. L’assaut a été revendiqué par le groupe Jama’a Nusrat ul-Islam wa al-Muslimin (JNIM), affilié à Al-Qaïda. Aucun bilan officiel des victimes n’a été communiqué pour l’instant.

La veille, un autre poste militaire situé à Tessit, non loin des frontières du Burkina Faso et du Niger, a également été attaqué. Des affrontements violents ont opposé les assaillants aux forces maliennes. D’après un responsable local cité sous anonymat, les assaillants auraient pris le contrôle du camp, provoquant un exode de la population de la ville.

Ces attaques s’inscrivent dans une série plus large d’assauts djihadistes ayant fait des centaines de morts dans le pays ces dernières semaines. Dimanche, une attaque contre une base à Boulkessi, dans le centre du Mali, aurait fait des dizaines de morts parmi les soldats maliens. Le JNIM affirme avoir tué plus de 100 militaires et mercenaires russes lors de cette opération, tout en capturant plus de 20 autres.

Lundi, le même groupe a revendiqué une attaque contre un aéroport militaire à Tombouctou, ciblant notamment les mercenaires russes présents sur place. Et mercredi, le JNIM a également affirmé avoir bombardé des soldats maliens et russes dans la banlieue de Bamako, une affirmation jugée crédible par le cabinet de conseil Control Risks, bien qu’elle n’ait pas encore été confirmée par l’armée.

Malgré les opérations militaires lancées en réponse – six rien que pour la journée de mercredi, selon l’armée – les insurgés conservent une capacité de nuisance élevée. La junte, au pouvoir depuis les coups d’État de 2020 et 2021, peine à tenir sa promesse de ramener la sécurité. Le retrait progressif des partenaires occidentaux et le recentrage vers des alliances avec la Russie n’ont pour l’instant pas permis d’enrayer la spirale de violence.

Avec des attaques désormais signalées jusque dans la périphérie de la capitale, le Mali semble plus que jamais engagé dans un conflit prolongé et incertain contre des groupes armés bien implantés dans la région sahélienne.

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