Le dossier judiciaire ouvert après le refus d’obtempérer survenu le jour de Noël à Chavelot, dans les Vosges, a connu une évolution majeure. L’homme soupçonné d’avoir volontairement percuté deux gendarmes à moto a été mis en examen et placé en détention provisoire, a annoncé le parquet d’Épinal ce lundi 29 décembre. Âgé de 33 ans, il était déjà bien connu de la justice au moment des faits. Les faits remontent au 25 décembre, lorsqu’un contrôle de gendarmerie dégénère. Refusant de s’arrêter, le conducteur prend la fuite au volant de son véhicule. La poursuite s’achève de manière violente lorsqu’il percute deux motards de la gendarmerie, les projetant au sol. Les deux militaires sont blessés et transportés à l’hôpital d’Épinal. L’un d’eux souffre de blessures légères, tandis que le second est atteint d’une fracture du tibia-péroné ayant nécessité une intervention chirurgicale. Après l’accident, le conducteur abandonne son véhicule et parvient à s’enfuir à pied. Il se rendra finalement aux autorités dans les heures suivantes, mettant fin à sa cavale. Une enquête est alors ouverte pour des faits particulièrement graves, compte tenu du mode opératoire et des conséquences pour les victimes.
Un lourd passé judiciaire et une situation de récidive
Présenté à un juge d’instruction, le suspect a été mis en examen pour tentative de meurtre sur dépositaire de l’autorité publique en récidive, refus d’obtempérer exposant autrui à un risque de mort également en récidive, ainsi que pour conduite malgré annulation du permis de conduire. Le parquet a insisté sur la qualification criminelle des faits, estimant que la violence de l’impact et les circonstances caractérisaient un risque mortel pour les gendarmes. L’homme affiche un parcours judiciaire particulièrement chargé. Selon le parquet, il avait déjà été condamné à treize reprises avant cet épisode, principalement pour des infractions routières, des faits liés à l’usage de stupéfiants et des violences volontaires. Libéré de prison en août 2024, il faisait encore l’objet d’un suivi judiciaire dans le cadre d’un sursis probatoire.
Plusieurs incidents avaient déjà été relevés depuis sa sortie de détention
Les analyses toxicologiques réalisées après son interpellation n’ont pas mis en évidence de consommation récente de stupéfiants, bien que l’intéressé soit décrit comme un consommateur régulier. Lors de son audition, il a reconnu sa responsabilité dans les faits, tout en contestant toute volonté de donner la mort ou de blesser les militaires. Il a expliqué avoir cherché à intimider les motards qui le poursuivaient et à neutraliser leurs véhicules pour échapper au contrôle. Le parquet relève que cette version n’a pas convaincu les magistrats instructeurs, au regard de la dangerosité du comportement adopté et de la récidive caractérisée. L’homme a également justifié sa fuite par la crainte d’un retour en prison, conscient de conduire malgré l’annulation de son permis et de son passif judiciaire. La détention provisoire a été ordonnée afin d’éviter tout risque de réitération et de garantir le bon déroulement de l’instruction. L’enquête se poursuit désormais pour déterminer avec précision le déroulement des faits, établir les responsabilités pénales et apprécier l’intention réelle du mis en cause. De leur côté, les deux gendarmes blessés restent suivis médicalement, tandis que l’affaire ravive le débat sur les refus d’obtempérer et la récidive routière violente.