Le 13 janvier dernier, une adolescente de 17 ans, Camélia, élève en terminale au lycée Honoré-de-Balzac à Mitry-Mory (Seine-et-Marne), s’est donnée la mort en descendant sur les rails du RER B à la gare de Villeparisis-Mitry-le-Neuf, où elle a été percutée par un train en approche. Selon les premières constatations, elle se serait allongée délibérément sur les voies peu avant 18 heures, rendant impossible l’arrêt du convoi et entraînant une interruption temporaire du trafic ferroviaire.
Ce décès a suscité une vive émotion au sein de la communauté scolaire et au-delà, donnant lieu à des rassemblements d’élèves devant l’établissement et à des hommages publics.
Le harcèlement scolaire en cause
Dans les jours ayant suivi le drame, des éléments recueillis auprès de la famille et des premières investigations ont fait état d’une victimisation présumée de harcèlement scolaire depuis décembre 2025. Selon les informations communiquées par le procureur de la République de Meaux, Jean-Baptiste Bladier, la famille avait alerté l’établissement de ces faits avant le décès de l’adolescente, et la direction du lycée en avait été informée.
Des messages attribués à Camélia avant son décès ont également été rapportés, notamment des SMS adressés à sa mère dans lesquels elle exprimait son amour et son profond mal-être, laissant apparaître l’état de détresse psychologique dans lequel elle se trouvait peu avant son geste.
De multiples enquêtes judiciaires ouvertes
Le parquet de Meaux a ouvert plusieurs enquêtes afin d’établir précisément les circonstances de ce drame. Une enquête vise à déterminer les causes exactes de la mort, tandis qu’une autre porte sur des faits de « harcèlement scolaire ayant conduit la victime à se suicider », une qualification pénale susceptible d’entraîner de lourdes sanctions.
D’autres investigations concernent la diffusion non autorisée d’images liées au décès ainsi que des menaces adressées à des membres du personnel de l’établissement sur les réseaux sociaux, apparues après la médiatisation de l’affaire.
Le ministère de l’Éducation nationale a par ailleurs annoncé la saisine de l’Inspection générale de l’Éducation, du Sport et de la Recherche afin de conduire une enquête administrative indépendante. Cette démarche vise à « établir, avec rigueur et objectivité, le déroulement des événements et les réponses apportées par l’institution, et à en tirer tous les enseignements nécessaires », selon les termes communiqués par le ministère.
L’enquête administrative devra notamment examiner les réactions de la direction du lycée face aux alertes de harcèlement, ainsi que l’adéquation des dispositifs de prévention, de suivi et de soutien mis en place au sein de l’établissement.
Les élèves mobilisés
À la suite de l’annonce du décès de la jeune fille, une mobilisation spontanée d’élèves a eu lieu devant le lycée Honoré-de-Balzac, où plusieurs centaines de lycéens se sont rassemblés pour rendre hommage à leur camarade et dénoncer le harcèlement scolaire. Des élèves, parfois eux-mêmes anciens victimes de harcèlement, ont pris la parole publiquement afin de réclamer une meilleure écoute et une reconnaissance plus systématique de la souffrance des jeunes concernés…