La semaine prochaine, la France va connaître des températures hors normes pour un mois de novembre. Un flux venu du sud va remonter sur l’ensemble du pays, apportant une douceur digne d’un mois de mai. Le pic est attendu jeudi 13 novembre, avec jusqu’à 25 °C dans certaines régions, notamment dans le Sud-Ouest où Pau et les Landes pourraient battre de nouveaux records. Selon Météo-France, cette poussée de chaleur est liée à une advection d’air chaud particulièrement puissante en provenance de la péninsule Ibérique, portée par une vaste dépression sur l’Atlantique. Le prévisionniste François Jobard parle déjà d’un épisode « hallucinant pour une mi-novembre », annonçant des valeurs comprises entre 20 et 25 °C dans de nombreuses zones, parfois même en altitude.
Des météorologues inquiets face à la banalisation du phénomène
Ce type de douceur automnale extrême tend à se répéter, au grand désarroi des spécialistes. Le météorologue Guillaume Sachet, interrogé sur X, déplore un manque d’attention du public : selon lui, les Français se préoccupent davantage des canicules estivales que de ces vagues de chaleur hivernales, pourtant révélatrices du même dérèglement. Il rappelle que ces épisodes, autrefois exceptionnels, se produisent désormais « avec une fréquence et une intensité inédites ». Les cartes publiées par Météo-France confirment l’ampleur du phénomène : jusqu’à 25 °C à Pau, 19 °C à Paris, 18 °C au Havre, et plus de 20 °C sur une large partie du Sud-Ouest. Le ressenti pourrait même dépasser les 30 °C dans les Landes, sous un soleil franc. À titre de comparaison, ces valeurs correspondent à des températures moyennes de mai ou de septembre.
Des records possibles et une anomalie appelée à durer
Les météorologues évoquent déjà la possibilité de records décadaires, voire mensuels, entre le Sud-Ouest et le centre du pays. La Chaîne Météo souligne que cette vague de chaleur ne devrait pas s’interrompre brutalement : si le thermomètre perdait quelques degrés dans le Sud-Ouest dès vendredi, les températures resteraient largement supérieures aux normales ailleurs. Météo-Villes prévoit même un nouveau pic de douceur pour la semaine suivante, preuve que cette succession d’épisodes anormaux n’a plus rien d’un hasard. Pour les scientifiques, l’explication est claire : le réchauffement global de l’atmosphère favorise la récurrence de ces masses d’air chaud venues du sud. En plein mois de novembre, la France pourrait ainsi vivre une séquence climatique qui, il y a encore vingt ans, aurait semblé impensable.