À partir du 1er octobre, la France va bouleverser l’étiquetage textile. Fini les slogans flous sur les « collections durables » ou les « matières responsables » : un QR code apparaîtra sur les jeans, t-shirts et baskets, donnant accès à un « Score Textile » précis de leur impact environnemental. Conçu sur la base de la méthodologie européenne PEF (Product Environmental Footprint), ce passeport digital prendra en compte tout le cycle de vie d’un vêtement : consommation d’eau, émissions de gaz à effet de serre, durabilité, réparabilité, impact des microfibres, provenance de l’énergie utilisée, conditions de travail, distribution, fin de vie et recyclabilité. Un coefficient spécifique mesurera même l’effet « fast fashion », lié aux volumes de production. Le système va bien au-delà du Nutri-Score alimentaire : un t-shirt pourra obtenir un score entre 100 et 400 points, tandis qu’un jean brut pourra grimper jusqu’à 4 000 points selon son mode de fabrication.
Un outil contre le greenwashing
Pour Christophe Girardier, président de la start-up Glimpact, qui participe au projet, l’intérêt est évident : obliger les marques à chiffrer leur impact réel. Finis les labels marketing sans contrôle, chaque produit devra désormais prouver son empreinte écologique. Une révolution pour un secteur régulièrement pointé du doigt pour son greenwashing. Les géants de la fast fashion, de Shein à Temu en passant par Aliexpress, sont directement visés. Bruxelles comme Paris espèrent que ce nouvel affichage aidera les consommateurs à faire des choix plus éclairés tout en protégeant les entreprises européennes déjà engagées dans l’écoconception.
Un déploiement progressif mais inéluctable
Le décret du 6 septembre 2025 prévoit une première phase volontaire dès cet automne, avant une généralisation pour toutes les marques qui communiquent sur un indicateur environnemental global. Les industriels devront assumer les coûts d’évaluation, mais aussi le risque réputationnel : publier un mauvais score pourrait nuire à l’image de leur marque, ne rien afficher encore davantage. À l’inverse, celles capables de démontrer un effort de transparence et de durabilité pourraient y trouver un avantage compétitif. Le jean, star de nos placards mais aussi l’un des vêtements les plus polluants au monde, symbolise parfaitement cette mutation. En rendant visible l’empreinte réelle de chaque pièce, le « Score Textile » promet de transformer non seulement la manière de produire mais aussi la manière d’acheter. Une petite révolution vestimentaire qui pourrait bien marquer la fin des illusions vertes dans la mode.
Que retenir rapidement ?
À partir du 1er octobre, la France va bouleverser l’étiquetage textile. Fini les slogans flous sur les « collections durables » ou les « matières responsab