Face au réchauffement climatique et à la multiplication des catastrophes environnementales, il semble naturel de se tourner vers la technologie pour trouver des solutions, écrit Christopher Marquis. Pourtant, c’est souvent dans le design des produits que se cache le véritable levier de changement.
Des technologies vertes parfois surévaluées
Des innovations comme le captage du carbone ou la géo-ingénierie sont présentées comme des remèdes miracles. Cependant, selon un article publié en 2022 dans Nature, ces solutions sont souvent surestimées, et leurs coûts, risques et impacts imprévus sont négligés. Par exemple, la fabrication des voitures électriques dépend de l’extraction intensive de matériaux comme le lithium ou le cobalt, posant de graves enjeux environnementaux et sociaux.
Le rôle central du design dans la durabilité
Les innovations réellement efficaces ne reposent pas seulement sur des percées technologiques, mais sur la révision des processus industriels, notamment dès la conception des produits. Des études montrent que 70 à 80 % de l’impact environnemental d’un produit est déterminé à l’étape du design.
L’exemple de la mode : Chloé repense ses collections
Riccardo Bellini, ex-PDG de la maison Chloé, explique qu’en 2020, un audit a révélé que 80 % des défis de durabilité pouvaient être traités à la phase de design. Les matières premières comme le coton ou le cuir représentaient 58 % des émissions. L’entreprise a donc donné la priorité à des matières à plus faible impact (lin, chanvre, cachemire recyclé) et à des fournisseurs certifiés pour le cuir. Cependant, elle reste prudente face aux alternatives « végétales », souvent issues de plastiques dérivés du pétrole.
Des économies à la clé
Des entreprises comme Cascade Engineering ou Rubicon montrent que revoir les intrants et les chaînes d’approvisionnement génère à la fois des bénéfices écologiques et financiers.
Prévenir plutôt que guérir : le cas de Seventh Generation
Joey Bergstein, ex-dirigeant de Seventh Generation, insiste sur le fait que penser la durabilité dès le début permet d’éviter les émissions, plutôt que de simplement les réduire après coup. L’entreprise développe des produits sans eau (poudres, pastilles) dans des emballages en carton ou acier et évite le plastique.
Vers une vision plus globale de la durabilité
D’autres entreprises, comme Grove Collaborative (shampooings solides) ou Allbirds (semelles d’origine naturelle), suivent cette logique. Ces initiatives montrent que le véritable progrès écologique ne réside pas dans des solutions magiques, mais dans une refonte profonde des modèles de production et de consommation.
💡 Conclusion : Pour répondre efficacement aux enjeux environnementaux, les entreprises doivent intégrer la durabilité dès la conception, adopter des chaînes d’approvisionnement responsables, et éviter de se reposer uniquement sur des innovations techniques souvent surévaluées.
La solution à la crise environnementale : le design avant la technologie