La situation hydrologique ne cesse de se dégrader en Gironde. Malgré quelques averses isolées, le mois de juillet a été globalement sec, et les prévisions ne laissent guère espérer de répit. Face à ce déficit pluviométrique persistant, la préfecture a décidé de renforcer dès ce 31 juillet les mesures de restriction sur l’usage de l’eau. Étienne Guyot, préfet du département, a signé un arrêté qui place plusieurs bassins en état de crise, d’alerte renforcée ou de simple vigilance.
L’arrosage et l’irrigation dans le viseur
Dans le détail, les bassins du Lisos et de la Barbanne-Lavié-Palais sont désormais en « crise », le niveau maximal d’alerte. Dans ces zones, les mesures sont drastiques : plus question d’arroser les potagers ou les serres non agricoles entre 8h et 20h, ni de remplir les piscines, laver sa voiture, ou entretenir pelouses, jardins ou espaces verts. Les irrigations agricoles y sont totalement interdites. À un niveau légèrement inférieur, l’« alerte renforcée » concerne une dizaine de secteurs, de Saint-Émilion au Blayais en passant par le Médoc et le Pays Foyen. Là aussi, l’eau devient précieuse. Les agriculteurs doivent suspendre leurs prélèvements 3,5 jours par semaine (le mercredi, le jeudi matin, le samedi et le dimanche), contre deux jours seulement en cas d’alerte simple. Le remplissage des piscines, qu’elles soient publiques ou privées, reste interdit, sauf remise à niveau ou premier remplissage de chantier engagé avant les premières restrictions.
Une pression qui pourrait encore s’accentuer
La liste des zones touchées s’allonge chaque semaine : la Gravouse, la Jalle de Ludon, la Bassanne, le Brion, la Laurence, l’Andouille, le Gamage, le Gaillardon, la Lidoire ou encore la Virvée sont autant de bassins où les limitations s’appliquent avec rigueur. Seul le bassin de la Saye-Meudon-Lary échappe, pour l’instant, à des mesures plus sévères et reste placé sous simple « vigilance ». Si les nappes profondes, alimentant le réseau d’eau potable, ne sont pas encore concernées par des restrictions, la situation reste tendue. Les autorités préfèrent agir en amont pour éviter des ruptures d’approvisionnement plus sévères. Avec des températures stables et aucune pluie significative à l’horizon, les prochaines semaines pourraient être déterminantes. En attendant, les Girondins devront composer avec un été sec, une pelouse jaunie et une piscine vide. La sécheresse s’installe, et les arrêtés se multiplient.