Chaque printemps, une curieuse expérience fait son retour dans les champs et les jardins : le « test du slip ». Soutenu par l’Ademe, l’Agence de la transition écologique, ce dispositif invite les citoyens et les agriculteurs à enterrer un slip en coton dans le sol pendant deux mois… pour observer dans quel état il ressort. L’objectif ? Évaluer de manière simple et visuelle l’activité biologique d’un sol, cruciale pour le climat, la biodiversité et la fertilité des terres. Un slip presque intact ? Le sol est probablement pauvre en vie microbienne. Un slip réduit en lambeaux ? Voilà le signe d’un sol vivant, riche en vers de terre, champignons et bactéries. Une alternative rustique mais efficace aux coûteuses analyses de laboratoire. Pour Jean-Guy Siraux, conseiller en agro-environnement, c’est un bon moyen d’alerter les agriculteurs sur des déséquilibres : « Si le slip n’est pas dégradé, on creuse un peu plus loin, on ajuste les pratiques. »
Une pédagogie accessible à tous
Au-delà de son aspect technique, le test séduit par sa dimension pédagogique. Facile à réaliser, ludique, il est un outil précieux pour sensibiliser à l’importance de la vie dans les sols. « Même dans un simple jardin, on peut en apprendre beaucoup », explique Vivien Ponnou-Delaffon du Parc naturel régional Scarpe-Escaut. Flavien Lecocq, éleveur dans le Nord, a modifié ses pratiques grâce aux enseignements tirés du test : plus de fumier naturel, moins d’engrais chimiques, et des prairies plus régulières. Autant d’ajustements qui, cumulés, peuvent contribuer à mieux préserver les terres agricoles, en particulier les zones humides, plus résistantes lors des sécheresses. Et si, ce printemps, le slip blanc devenait le nouvel étendard d’une agriculture plus durable ?