Neuf vautours retrouvés morts au printemps dernier dans le sud de la Drôme relancent l’alerte sur les pratiques d’empoisonnement. L’association Vautours en Baronnies a annoncé ce lundi son intention de déposer plainte, après ce qu’elle considère comme une perte majeure pour la biodiversité locale. Les oiseaux avaient été découverts entre fin avril et début mai. Le bilan fait état de cinq vautours fauves, deux vautours moines et surtout du seul couple de vautours percnoptères encore présent dans le département, une espèce rare qui nichait dans les gorges de l’Eygues. Pour Christian Tessier, président de l’association, il s’agit d’un « empoisonnement d’une ampleur inédite », qui pourrait n’être que « la partie immergée de l’iceberg ».
Une pratique ancienne qui refait surface
Le poison utilisé agirait lentement, expliquant pourquoi les carcasses ont été retrouvées en divers endroits. Si l’origine exacte n’a pas encore été déterminée, l’hypothèse d’appâts empoisonnés destinés à d’autres espèces, comme le loup, est avancée. Dans ce scénario, les vautours seraient victimes collatérales. Mais l’association redoute aussi un acte volontaire. « Souvent, c’est de la simple bêtise humaine », rappelle son président, en soulignant que l’espèce avait déjà disparu autrefois à cause de ces pratiques. Des cas similaires avaient été relevés dans les Hautes-Alpes et dans les gorges du Verdon. L’inquiétude est désormais de voir se multiplier ces campagnes toxiques, dans une région où les rapaces jouent pourtant un rôle écologique essentiel.
Une enquête en cours, mais peu d’espoir
L’Office français de la biodiversité (OFB) a ouvert une enquête, mais les chances de retrouver les auteurs apparaissent minces. Le dépôt de plainte de l’association vise à soutenir les investigations et à maintenir la pression pour que l’affaire ne soit pas classée trop vite. Pour les défenseurs des rapaces, la disparition de ces neuf vautours représente bien plus qu’un chiffre. Elle symbolise un recul brutal des efforts de réintroduction et met en péril l’équilibre fragile d’espèces déjà menacées. Dans les Baronnies comme ailleurs, la survie des vautours dépendra désormais autant de la vigilance des enquêteurs que de la capacité des habitants à tourner la page d’un vieux réflexe mortel : l’empoisonnement.
Que retenir rapidement ?
Neuf vautours retrouvés morts au printemps dernier dans le sud de la Drôme relancent l’alerte sur les pratiques d’empoisonnement. L’association Vautours en