Au Japon, le réchauffement des océans fait flamber le prix des oursins et des fruits de mer
Au Japon, le réchauffement des océans fait flamber le prix des oursins et des fruits de mer @AP

Sur l’île septentrionale de Hokkaido, un bol de riz aux oursins peut désormais coûter jusqu’à 120 dollars, symbole de l’explosion des prix des produits de la mer au Japon sous l’effet du changement climatique.

Selon une étude récente, les mers entourant l’archipel sont en moyenne plus chaudes de 5 °C qu’il y a quelques décennies. Cette hausse de température bouleverse les écosystèmes marins, réduit les prises de poissons et d’oursins, et perturbe l’ensemble de la chaîne alimentaire. Pour les pêcheurs, la raréfaction des ressources entraîne une baisse des volumes débarqués, tandis que la demande reste forte, ce qui alimente une inflation spectaculaire.

Les oursins de Hokkaido, réputés pour leur qualité exceptionnelle, sont particulièrement touchés. Moins nombreux et plus difficiles à capturer, ils atteignent désormais des prix records sur les marchés de gros de Tokyo, comme celui de Tsukiji, où les restaurateurs se disputent les meilleures pièces.

Cette flambée des prix se répercute directement sur les ménages japonais. Les dépenses alimentaires ont atteint leur plus haut niveau depuis 43 ans, selon les statistiques officielles. Pour de nombreux consommateurs, certains produits emblématiques de la cuisine japonaise deviennent presque inaccessibles.

La crise suscite également des inquiétudes macroéconomiques. Les banques centrales commencent à intégrer le changement climatique dans leurs analyses, considérant son impact inflationniste comme une menace durable pour la stabilité des prix.

Au Japon, pays où la mer joue un rôle central dans l’alimentation comme dans la culture, le réchauffement des océans n’est plus une abstraction scientifique mais une réalité tangible, qui bouleverse à la fois les traditions culinaires, l’économie et le quotidien des habitants.

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