A69 Tarn–Haute-Garonne - le parquet de Toulouse demande l’arrêt partiel des travaux 
A69 Tarn–Haute-Garonne - le parquet de Toulouse demande l’arrêt partiel des travaux 

Le chantier de l’autoroute A69, destiné à relier Castres à Toulouse, se retrouve de nouveau au cœur d’un bras de fer judiciaire. Le parquet de Toulouse a annoncé saisir la justice afin d’obtenir la suspension des travaux sur les zones où le chantier se serait étendu au-delà des limites prévues par l’autorisation environnementale délivrée en mars 2023. Cette initiative intervient après plusieurs signalements d’opposants dénonçant des atteintes jugées graves à l’environnement sur des terrains non couverts par les autorisations administratives initiales. Dans un communiqué, le parquet explique avoir décidé de recourir à un référé pénal environnemental, procédure visant à faire cesser rapidement des agissements considérés comme illicites lorsqu’ils portent atteinte à l’environnement. Cette démarche s’appuie sur les résultats d’enquêtes menées par l’Office français de la biodiversité et par la section de recherches de la gendarmerie. Les investigations auraient confirmé que de nombreuses emprises avaient été réalisées en dehors du périmètre officiellement autorisé, tout au long du tracé de l’autoroute. Une audience publique doit se tenir au palais de justice de Toulouse afin que le juge des libertés et de la détention se prononce sur cette demande de suspension. En attendant cette décision, le chantier se trouve placé dans une situation d’incertitude juridique supplémentaire, alors même que d’autres procédures sont déjà en cours devant la juridiction administrative.

Des dépassements constatés sur plusieurs dizaines de sites

Selon les éléments communiqués par le parquet, les travaux concernés ne se limiteraient pas à des incidents ponctuels. Les autorités judiciaires évoquent des emprises non autorisées réparties sur quarante-six sites distincts, couvrant l’ensemble du tracé de l’A69. Des opérations de contrôle, incluant notamment des survols en hélicoptère, auraient permis de mesurer précisément l’étendue des zones impactées. Les surfaces concernées atteindraient plusieurs dizaines d’hectares, un chiffre qui alimente les critiques des opposants au projet. Ces derniers estiment que l’ampleur des dépassements constitue une modification substantielle du chantier initial, nécessitant une nouvelle autorisation environnementale. À leurs yeux, la situation ne relèverait pas de simples ajustements techniques mais d’un changement profond de l’impact du projet sur les milieux naturels traversés. Le parquet a précisé qu’il requiert la suspension des travaux uniquement sur les terrains où des infractions ont été relevées. Il a également demandé l’instauration d’une astreinte financière de 10 000 euros par jour en cas de non-respect de la décision judiciaire, après un délai de deux jours suivant la notification éventuelle de l’ordonnance. Cette demande vise à garantir une application rapide et effective de la mesure, dans un objectif affiché de préservation de l’environnement.

Un contentieux pénal qui s’ajoute au dossier administratif

Cette procédure pénale s’inscrit en parallèle d’un contentieux déjà engagé devant la justice administrative. La cour administrative d’appel de Toulouse doit en effet se prononcer prochainement sur la validité de l’autorisation environnementale délivrée en mars 2023 par les préfets du Tarn et de la Haute-Garonne. Cette décision est attendue avec attention, car elle conditionne la poursuite ou non du chantier dans son ensemble. Dans ce cadre administratif, le rapporteur public a estimé que l’autorisation initiale demeurait valable et que les travaux pouvaient se poursuivre. Son avis, bien que consultatif, est généralement suivi par les juridictions administratives. La décision finale de la cour est annoncée pour la fin du mois de décembre. Pour les opposants, la démarche du parquet marque toutefois un tournant. Ils soulignent que les autorités judiciaires pénales n’ont pas uniquement repris leurs arguments mais ont mené leurs propres investigations, renforçant selon eux la crédibilité des constats réalisés. À l’inverse, le concessionnaire en charge des travaux se retrouve confronté à un double front judiciaire, administratif et pénal, qui complique encore un projet déjà très contesté. À mesure que les procédures s’accumulent, le chantier de l’A69 apparaît ainsi suspendu à une série de décisions de justice déterminantes. Celles-ci devront arbitrer entre la continuité d’un projet d’infrastructure majeur et la prise en compte des atteintes environnementales désormais documentées par les autorités compétentes.

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